Scène internationale : José Pereelenga fait la fierté de la musique congolaise en Suède

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Chanteur –guitariste- auteur et compositeur, José PEREELANGA est aussi musicologue en devenir. Cet ancien du groupe Zaiko Langa Langa évolue en Suède, où il mène avec brio mais sous silence sa carrière musicale internationale. Toujours à la recherche des informations sûres et fiables, l’équipe du site panafricain ‘‘Afrique –Info Magazine’’ a découvert le chanteur José PEREELENGA qui nous a accordé une interview exclusive. Son histoire avec l’art d’Orphée, ses projets artistiques à court et à long termes, les conséquences de la Covied-19 dans son domaine ainsi que sa vision pour la République démocratique du Congo, sont les différents sujets importants développés avec cet artiste congolais aux talents innombrables._  
Afrique-Info Magazine : Que répondez-vous aux publics du monde qui adorent votre musique sans pour autant connaître d’où vous venez et où va votre carrière musicale ?

José Pereelenga : Ma passion pour la musique commence d’abord dans la chorale de l’église catholique à Kinshasa. À l’école au Petit Collège Boboto, on nous a enseigné aussi la musique. Et, je me souviens encore de l’un de mes collègues à la chapelle, le prince Alain Makaba qui est un cerveau du Clan Wenge Musica.  Que le public retienne également que j’ai la musique dans mes veines.  Mon père est un musicien et ma mère est une grande chanteuse. Mon passage dans le groupe du feu chanteur Madilu System m’a permis aussi d’apprendre les ficelles du métier. Tandis que l’orchestre Zaïko Langa Langa a été ma famille où j’ai grandi. Et, j’en garde l’identité jusqu’aujourd’hui. En France, j’ai élargi mon champ musical, notamment avec des collaborations artistiques et divers.  Par exemple: j’ai travaillé avec les rappeurs de L’Skradrille, groupe très connu en France. J’ai aussi composé la musique pour la danse contemporaine. Le processus continue avec différentes collaborations ici en Suède et dans le monde. Actuellement, je suis une formation de professeur de musique à l’université en parallèle avec ma carrière musicale

Comment traversez—vous cette période de confinement imposé par la pandémie de COVID-19, qui a paralysé le monde entier ?

Personnellement et grâce à DIEU, nous sommes épargnés avec toute ma famille de cette maladie sauvage.  Par contre, je suis fort touché par le grand nombre de nos compatriotes en France, Belgique, Angleterre et partout dans le monde qui ont été frappés par la pandémie de COVID-19.  Mes parents habitent au Congo-Kinshasa. Je pense beaucoup à eux. Mais, j’estime aussi que cette crise sanitaire va nous servir de leçon pour aboutir à d’autres comportements positifs.

Est-ce que cette situation vous a inspiré quelques choses sur le plan artistique ?

Evidemment, ça donne plus de temps à la maison. Donc, j’en ai eu l’occasion de faire des séances de répétions avec les enfants. Ce confinement m’a permis de me rapprocher davantage de ma guitare que d’habitude.  Surtout, ça m’a beaucoup inspiré et m’a donné aussi du temps pour la réflexion.

À quel point sentez-vous l’impact de cette crise sanitaire dans votre métier d’artiste ?

L’impact est immense sur le plan scénique, économique et discographique. Personne n’accepte ça. Mais, au-delà des conséquences,  il faut réfléchir sur comment faire pour relever le défi sur l’après COVID-19. La période est vraiment compliquée mais l’essentiel est d’aller tout doucement. Il nous faut être solidaire pour faire vivre de nouveau la scène musicale.

Quelles sont vos réalisations marquant en 2019 ?

L’année 2019 a été pour moi une année des collaborations musicales.  La plus marquante a été  » Morning Dew « , une œuvre issue de ma collaboration avec Niklas Blodmahl, un musicien suédois qui fait de l’électro. Donc, deux styles différents qui se sont croisés dans une symbiose super cool. Crois-moi, il y a de quoi être content d’avoir réalisé ça, malgré le défi.

Vous avez remporté le prix de « Révélation internationale 2020 » en Suède. Comment justifiez-vous cette récompense artistique ?

Au fait, je vis à Malmö, en Suède, ville à côté de Copenhague, capitale du Danemark, séparée tout juste par la mer. C’est comme Kinshasa et Brazzaville par le fleuve Congo. Par ailleurs, ce prix m’a été décerné en guise d’une récompense internationale par le fait de beaucoup travailler.  Cette récompense internationale est surtout justifiée pour mon style de musique dans laquelle je garde mes traditions congolaises et les gens aiment. Mes collaborations avec les artistes suédois, finlandais, danois et autres ont aussi beaucoup influencé sur mon plébiscite.  Et, sans oublier mes recherches par rapport aux différentes méthodes et théories par rapport à la musique qui n’ont fait que renforcer encore mon plébiscite. Ici, je tiens à souligner que travailler dans la recherche musicale, c’est aussi une façon de penser à la musique comme un verbe qui se conjugue dans différents modes et temps. Bref, ce prix est le fruit du travail bien accompli !

Qu’est-ce que le public peut attendre encore de vous après votre album ‘‘Varma Kitoko’’ ?

Varma Kitoko » a été nominé par  » Stim  » parmi les albums qui ont marqué l’année de sa sortie, en 2015. Il faut retenir que Stim est la plus grande organisation suédoise en matière des droits d’auteurs –compositeurs. Différents artistes du monde y sont affiliés.  Tandis que « Galaxy » est le titre phare de mon prochain disque qui va suivre sur le marché.  Pour le moment,  je travaille dans différents projets avec les artistes de la planète. Je vous donne rendez-vous pour bientôt et les preuves seront faites. Déjà, avec la sortie de mon single  » Joyeux « , je vois tout le monde en train de danser  » Sobolokoma « , la nouvelle danse qui va remplacer  » Ndombolo  »

Ça fait plus d’une décennie que vous êtes installé en Europe. Peut-on dire que vous avez oublié le Congo, votre pays d’origine ?

Oublier mon pays d’origine, pourquoi ? Ça me fait rire un peu la question ! On n’oublie jamais ses origines. Ce sont plutôt les circonstances qui ont fait que je sois plus basé en Europe. Donc, je ne peux aucun jour oublier mes racines. Loin de moi l’esprit d’abandon parce que je suis de près la situation du Congo dans toute sa dimension.

Qu’est-ce que la jeunesse congolaise peut alors attendre de vous ?

J’ai plusieurs projets d’atelier, workshops et autres rencontres que j’aimerais soumettre à la jeunesse. Et, croyez-moi, ça va se mettre en place tout doucement et sûrement.

Malgré toutes ses richesses minières, le Congo demeure encore pauvre économiquement. Quel rôle pouvez-vous jouer face à ce contraste ?

Mon rôle en tant que musicien est non seulement de donner la joie, le plaisir à travers la musique. Mais, il consiste aussi à éduquer et, notamment, à conscientiser les masses. 

Donc, devant cette triste réalité, j’exhorte tout le monde et, en particulier, les politiciens à une bonne conscience. Jusqu’à quand le peuple va-t-il souffrir pour que les dirigeants puissent réagir ? Tout pouvoir, temporel physique ou spirituel comporte, en effet, l’obligation de l’exercer avec sacrifice, charité et sagesse. Les politiciens doivent combler leurs cœurs, d’amour et de solidarité pour le bien de la population. Donc, ils doivent reconnaître qu’ils ont commis des fautes dans leur vie politique et dans leur manière de gérer la chose publique. Qu’ils en tirent des leçons et les corrigent. Au peuple congolais,  je dirai :  » Tout est à vous « . Vous pouvez réclamer ces richesses, c’est votre droit ! En Suède, où je suis, mon rôle est aussi de conscientiser la population suédoise sur la situation qui prévaut au Congo-Kinshasa, en racontant ce qui se passe sur le terrain.

Avez-vous un message particulier à adresser à vos fans ?

J’exhorte mes fans et mélomanes du monde entier à demeurer dans la positivité et dans la foi. Car, aussi longtemps que nous doutons, nous sommes un obstacles à nous-mêmes et nous sommes errants dans les ténèbres… Mais, n’aspirons-nous pas, tous, à la lumière? Moi, je dis oui!

Jordache DIALA
+243 81 285 39 20
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