Rentrée parlementaire : Thambwe Mwamba cible les finances publiques, les sanctions de l’UE et la coopération avec Israël

0

L’ouverture officielle des travaux de la session parlementaire de mars 2020 a eu lieu au Palais du peuple, siège du Parlement de la République démocratique du Congo, lundi 16 mars 2020. La Constitution dispose que cette session s’ouvre officiellement le 15 mars, mais cette activité à été repoussée au jour ouvrable suivant, comme le 15ème jour du mois de mars tombe un dimanche.

Dans son discours, le président du Sénat, Alexis Thambwe Mwamba, a abordé plusieurs sujets d’actualités économiques, sécuritaires, diplomatiques et politiques.
Abordant le point lié à l’économie nationale, Alexis Thambwe Mwamba a regretté le fait qu’elle demeure extravertie.

« Notre économie, restant extravertie, subit de plein fouet les effets de variation des prix de nos produits exportés et des difficultés que peuvent avoir nos principaux partenaires commerciaux. Ainsi, l’épidémie du Coronavirus en Chine se superpose au conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis et, ensemble, produisent des effets négatifs chez nous », a-t-il regretté devant ses collègues.

« Nous repartons en programme avec le FMI et espérons fort bien que l’équilibre macroéconomique se rétablisse progressivement. Je ne doute pas que le Gouvernement ait pris la pleine mesure de ce programme. Il s’agit, certes, d’une bonne décision, mais elle implique une discipline dans la gestion des Finances publiques », a-t-il espéré.

À l’en croire, adopter un comportement dans la gestion des Finances publiques non conforme au programme de la FMI serait une attitude irresponsable. C’est pourquoi, il a attiré l’attention du Gouvernement à proposer des réformes basées sur les problèmes propres au pays où des temporalités fortement hétérogènes freineraient l’intégration économique nationale et le démarrage du développement global des héros nationaux Patrice Emery Lumumba et Laurent Désiré Kabila.

Caisse de péréquation : ATM propose les études de faisabilité

« Pour participer à l’essor de nos Provinces et à l’économie nationale, a-t-il rappelé, nous avons pris l’engagement d’appliquer et de faire appliquer la loi
sur la Caisse de Péréquation. Dix pour cent des recettes budgétaires de l’État constituent des sommes importantes qui nécessitent une
attention particulière ».

Seule l’application de la loi ne suffira pas, et
comme dirait Alexis de Tocqueville, « rien n’est plus superficiel que
d’attribuer la grandeur et la puissance d’un groupe au seul mécanisme
de ses lois, car en cette matière, c’est moins la perfection de l’instrument que la force des moteurs qui fait le produit ».
C’est dans cette perspective qu’il va leur proposer l’étude de faisabilité des différentes possibilités d’utilisation de ces fonds (distribution au prorata des difficultés des provinces, appuis
budgétaires,amplification des fonds par «engeneering» financier dans un outil approprié).
Mettre à la disposition des Provinces des
crédits nécessaires à l’investissement, aux infrastructures, aux PME ou à l’industrie, devrait être la manière efficiente d’utiliser des fonds publics nationaux aux besoins nationaux.

« Les conclusions de cette étude de faisabilité vous seront présentées
dans la deuxième moitié de cette année afin de rendre possible la
réalisation et le bon usage de ces fonds et d’aller de l’avant »a promis l’élu des élus du Maniema », a-t-il promis.

À ce sujet, il a exhorté les sénateurs à se mobiliser pour que les tranches mensuelles à verser à la Caisse de péréquation, les soient effectivement.

« Le Plan de Trésorerie, dans l’exécution du Budget 2020 doit respecter cette
contrainte. N’oubliez pas que c’est en défendant l’intérêt des
provinces que vous mériterez votre mandat.
J’inviterai, dans les prochains jours, le ministre des Finances à venir donner aux Sénateurs, en séance plénière, l’assurance que son Plan de Trésorerie prend bel et bien en compte les tranches à verser à la caisse de péréquation », a ajouté Alexis Thambwe Mwamba.

*ATM appelle à l’accélération de l’examen sur la levée des sanctions à l’encontre de certaines personnalités congolaises*.

Dans le volet diplomatique, il a rappelé que les pays ACP négocient actuellement les nouveaux accords
Post Cotonou.
« Nous devons également garder dans l’agenda les
nouvelles perspectives avec l’Union Européennes qui reste un partenaire important, non seulement pour les pays ACP mais
également pour notre pays. Dans quelques jours, débuteront les
concertations politiques entre la délégation de l’Union Européenne et les différentes institutions de notre pays. Ces
concertations, note Alexis Thambwe Mwamba, impliqueraient également chacun des pays de l’Union Européenne et passeront en revue tous les aspects relatifs aux relations et à la coopération de notre pays avec
chacun d’eux ainsi qu’avec l’ensemble ». Sur ce, il demande aux
commissions concernées de préparer ces rencontres dans les
aspects du développement, les aspects politiques,
économiques, des séjours et de travail de la diaspora ainsi que des
droits et facilitations de séjour des citoyens européens RN RDC.

« C’est aussi ici le lieu de demander à l’Union Européenne d’accélérer l’examen et de statuer rapidement sur la levée de mesures des sanctions à l’encontre de certaines personnalités congolaises », a-t-il lancé.

« Le réchauffement de nos relations avec les Etats-Unis d’Amérique devient effectif par ricochet, avec l’État d’Israël au cours du séjour du Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi à Washington », a noté Alexis Thambwe Mwamba.
Tout en étant une bonne nouvelle de compter l’État d’Israël parmi les amis de la RDC, Alexis Thambwe Mwamba a exhorté à travailler beaucoup pour ne « pas énerver nos relations et notre solidarité avec l’ensemble de l’Union
Africaine qui nous a fait honneur de la présider et de ne pas tomber dans les situations de 1964 et de 1973 face à la position de l’Organisation de l’Unité Africaine envers notre pays*.

« Comme disait déjà à cette époque le Président Habib Bourguiba : « Dans certaines circonstances, cent pas valent mieux qu’un saut ». L’Afrique est notre continent et nous y sommes viscéralement attachés », a-t-il conclu.

Le Bureau de la Chambre haute du parlement a décidé que les prochaines plénières ne se feront que lorsqu’ils auront la certitude qu’en se réunissant, ils ne seront pas exposés au Coronavirus.

MWAMBA CLÉMENT
Partagez.

Laisser un commentaire