RDC-Sécurité : l’Agence nationale de renseignements est-elle défaillante ?

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Dans le renseignement, militaire ou civil, l’information est vitale à la survie d’une nation. Celui qui sait tout par avance ne l’a pas obtenu des esprits, ni par comparaison avec d’autres faits, ni en se livrant à des élucubrations, il doit l’obtenir des hommes qui connaissent la situation réelle de l’ennemi.

Vingt-cinq siècles auparavant, l’Art de la Guerre mentionnait déjà l’information comme condition de l’exercice effectif et efficient du pouvoir et de la victoire par les armes.

Dans le concert des nations, les plus puissantes sont celles qui possèdent de vrais appareils ou services secrets. Les services secrets sont des entités mises à la disposition de l’État et des Chefs d’État pour définir les moyens de leur politique intérieure et extérieure.

À quoi servent les services de renseignements ?

Les services de renseignements ont pour tâche principale de fournir au gouvernement des informations fiables sur les menaces contre l’État et sa population. Ils décryptent des questions complexes et avertissent des problèmes naissants, menaces aux intérêts nationaux, risques et opportunités. Bref, Ils sont des organismes publics chargés de fournir des renseignements utiles à la sécurité de l’État et de la population.

La RDC et son service secret

Si la République française a la DGSE pour agence nationale de renseignements, la CIA est la répondante à leurs fins pour les Américains. Les israéliens ont la Mossad, la SASS pour les Sud-Africains et, bien entendu, l’ANR pour les Congolais.

L’Agence nationale de renseignements (ANR) est donc le service des renseignements gouvernemental de la République démocratique du Congo. À la différence de nombreux pays, elle cumule les fonctions de service des renseignements intérieur et extérieur.

Le service secret congolais est plus réputé pour sa perspicacité de nuisance face aux opposants politiques et la population pour laquelle il devrait travailler. Il est plutôt dévoué à protéger les intérêts de quelques individus au sommet de l’État. Du au moins ce qu’il a longtemps été.

S’il faut donc décrire l’ANR, bien évidemment les lignes suivantes seront en gras et plus noires pour capter l’attention de nos lecteurs.

Depuis son indépendance, la République démocratique du Congo a connu plusieurs guerres sans merci.

Nous avons connu des scissions, des rébellions, des invasions, des vols de plusieurs millions de dollars américains par des individus,…

Malheureusement, le service de renseignements n’a pas su anticiper.

Une réorientation s’impose à l’ANR pour le bien de la nation

À l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir, l’une des premières ordonnances qu’il signées est celle nommant Justin Inzun Kakiak à la tête de l’ANR, pivot de la survie de la nation congolaise.

Inzun Kakiak hérite d’un appareil sécuritaire dont l’image est ternie par son prédécesseur. Le nouvel administrateur de l’ANR conduira ainsi donc une équipe composé de :
– Jean-Hervé Mbelu Biosha (administrateur général adjoint);
– Jean-Pierre Mbombo Tshibi (département intérieur);
– Kal Tshijik (département extérieur);
– Numbi Kalala (département d’appui).

Depuis le 19 mars 2019, cette nouvelle équipe est aux commandes de l’ANR. À ce jour, peut-on dire que le service est redynamisé ? Avons-nous le droit de savoir comment le travail est organisé ? Quels sont les moyens financiers mis à sa disposition ? Comment l’Agence affecte-t-elle ses moyens mis à sa disposition ? Ce sont là quelques-unes des questions qui sont posées à foison.

Il se trouve que la situation sécuritaire congolaise n’a pas beaucoup évolué positivement. À l’époque de Kalev, la RDC était confrontée à des rebellions, incursions des forces armées des pays voisins, à la fraude fiscale, aux détournements des deniers publics,…

Et pourtant, l’ANR a pour, entre autres attribution, celles de lutter contre la fraude et la contrebande, le terrorisme, la haute criminalité économique.

Elle doit aussi rechercher, centraliser, interpréter, exploiter et diffuser des renseignements politiques, diplomatiques, stratégiques, économiques, sociaux, culturels et scientifiques intéressant la sûreté intérieure et extérieure de l’État.

Hier encore, a été signalée la présence des soldats zambiens dans la province congolaise du Tanganyika.

Comment sont-ils entrés ? Pour quelle motivation ? Qu’est-ce qu’ils sont en train de faire à l’heure actuelle ? Des questions qui n’ont pas encore de réponses, pour l’opinion publique. L’appareil sécuritaire est défaillant et cela risque de causer la disparition la République.

L’équipe dirigeante du service secret a été vantée par plusieurs voix et personne doute de sa capacité de bien faire.

Cependant, une réorientation avec de nouvelles ‘’targets’’ s’impose pour la survie de ce grand Congo.

Franco Mayiza
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