RDC/Sankuru : le Sénateur Berthold Ulungu parle de son parcours et recadre Joseph Mukumadi

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C’est avec franchise et honnêteté, sans tabou ni langue de bois que le Sénateur Berthold Ulungu aux conquestion des journalistes congolais sur sa gestion de la Province du Sankuru du Commissariat spécial au gouvernorat. Pendant la période allant de décembre 2015 à mai 2019 ainsi que la situation actuelle sur la crise institutionnelle qui prévaut au Sankuru entre Joseph Mukumadi et l’Assemblée Provinciale. Aussi, il a proposé un plan de sortie de ladite criqz. Selon lui, rendre la primauté à l’Assemblée Provinciale est la voie de sortie par excellence et gage de stabilité durable. Ensuite, il faut l’UNITE des fils et filles du Sankuru. Le Caucus des Députés Nationaux et Sénateurs du Sankuru est un bel exemple à suivre par toutes les associations des Sankurois. Enfin, un maximum de RESPECT aux aînés, aux expérimentés. 
Découvrez, ci-dessous, les révélations du Sénateur Berthold Ulungu
Afriqueinfomagazine : Monsieur le Sénateur, vous avez dirigé la province du Sankuru en tant que Commissaire Spécial du Gouvernement, puis comme Gouverneur de 2015 à 2019. Dans quel état avez-vous trouvé la province du Sankuru.

J’ai été nommé Commissaire Spécial du Gouvernement en date du 29 octobre 2015 par ordonnance présidentielle avec deux adjoints l’un chargé de l’Administration & Politique et l’autre de l’économie & finances. Notre mission comportait 4 points principaux, à savoir :
Mises-en œuvre de la décentralisation ;
Restauration de l’autorité de l’état sur l’étendue de la province pour la sécurisation des personnes et leurs biens ;
Promotion de la paix et de la réconciliation ;
Etablissement des conditions propices à la préparation du processus de développement de la province.
Après la cérémonie solennelle de démembrement de l’ancienne province du Kasaï-Oriental qui a eu le 19 novembre 2015 à Mbuji-Mayi, nous arriverons à Lusambo, chef-lieu de la province du Sankuru le 21 novembre 2015.
Les deux rébellions, muleliste et Rcd, ainsi que le manque d’entretien des infrastructures héritées de la colonisation et l’absence des nouveaux investissements avaient déjà sinistrés l’ancien chef-lieu du district. La province était à créer. Il n’y avait rien qui pouvait servir de tremplin à la nouvelle province. Pas de routes, pas de ports, pas un endroit décent où se loger, ni où travailler à Lusambo, il n’y avait même pas un seul véhicule en bon état de fonctionnement à part celui que le Commissaire Provincial de Police avait ramené du Katanga !

Une fois élu Gouverneur, qu’avez-vous fait pour améliorer les secteurs de la sécurité, de l’économie et du social de vos administrés ?
Berthold Ulungu: Conformément à l’objectif de la mise en œuvre de la décentralisation, le besoin primaire était la réhabilitation des résidences et bureaux pour l’exercice des pouvoirs régaliens de l’état. Les résidences du Gouverneur, Vice-Gouverneur et Président de l’Assemblée Provinciale ainsi que leurs bureaux ont été réfectionnés et équipés correctement (carrelage, ordinateurs, télévisions, meubles, …).
Les élections de Gouverneur et Vice-Gouverneur auront lieu le 26 mars 2016 en plein processus de notre installation et nous venions d’entamer l’itinérance dans nos 6 territoires en vue d’expliquer les termes de la mission qui nous était confiée (cf. réponse 1). La tâche était simplement herculéenne vu l’étendue de la province (104.331 km2). La nécessité d’un mini plan Marshall pour le Sankuru s’imposait vu la modicité de la rétrocession environ 350.000.000 FC, la pauvreté de la population, l’enclavement ainsi que l’état de délabrement très avancé des routes d’intérêt provincial et de desserte agricole, l’inexistence d’usine ou d’un quelconque outil de production industrielle.
Notre programme d’action gouvernemental présenté et adopté le 1er juin 2016 par l’Assemblée Provinciale reprend les grands axes pour améliorer le quotidien du sankurois. En bref, notre stratégie reposait sur la relance de l’agriculture afin de créer des coopératives agricoles pour ponctionner des impôts en mesure de financer le développement durable de la province, in fine. Mais la condition sine qua non pour cela repose d’abord sur le désenclavement de la province.
En attendant les opportunités pour transformer les ressources de la province en richesse à redistribuer, nous avons entrepris de réfectionner les routes de dessertes agricoles à travers la province avec les moyens de bord et concomitamment nous avions mis fin aux tracasseries policières et la perception des taxes intempestives. Le résultat immédiat a été la diminution de la faim dans les centres extra-coutumiers de la province.
Il est à noter que la réduction du train de vie des institutions de la République décidée par le Gouvernement central qui a fait chuter les revenus nationaux de la province de 30% dès fin juin 2016 constitue un frein à l’élan amorcé. Comme si cela ne suffisait pas, une autre retenue de 10% à titre de participation aux frais d’organisation des élections finiront par diminuer ces revenus de l’ordre de 40%.
C’est ici le lieu d’indiquer l’existence de 11 mois d’arriérés cumulés sur les frais de fonctionnement et primes à payer au personnel, l’occurrence du phénomène Kamuina-Nsapu au mois de mars 2017 avec son lot de réfugiés et la prise en charge d’un bataillon des soldats FARDC pendant 7 semaines sont autant de pesanteurs contre l’amélioration des conditions de vie de la population provinciale. Il faut en tenir compte !
Concernant la sécurité, notre cheval de bataille était la PNC et l’ANR. Nous avions amélioré la mobilité de ces services par la dotation de 2 jeeps 4X4 dont une neuve et une autre d’occasion. Malheureusement, une opération mixte PNC-FARDC de grande envergure lancée pour récupérer les armes à feu de type calibre 12 et/ou de fabrication locale à travers la province a été bloquée par le ministère national ayant la sécurité dans ses attributions à l’époque sans que nous sachions exactement les causes réelles.
Relativement aux finances et à l’économie, nous avions réaménagé la Direction Provinciale des Recettes provinciales du Sankuru (DPRSA) en Direction Générale des Recettes du Sankuru (DGRSA). Cette direction a été pourvue des imprimés de valeur et des facilités de mobilité pour la collecte des recettes provinciales qui étaient canalisées vers un compte bancaire unique ouvert à la RAWBANK. Le domaine des mines et agriculture ont été mis en contribution. Pour les mines, nous avions diligenté des missions mixtes Ministères sectoriels-Division de Mines vers les sites d’exploitation artisanale du Diamant pour conscientiser les creuseurs artisanaux à participer à la traçabilité de produits de leur travail la transparence. Pour l’agriculture, outre la formation (en Chine et auprès de la Coopérative BWAMANDA à Gemena, des semences améliorées ont été achetées et distribuées à quelques paysans triés sur le volet ; parallèlement, un recensement des plantations avait été amorcé en d’obtenir leur expropriation et les confier aux nouveaux acquéreurs disposés à travailler. Voilà les grandes lignes de notre action.

Vous avez été proposé au poste de Commissaire Spécial du Gouvernement et même élu Gouverneur par la Convention des Congolais Unis (CCU), parti dont vous êtes cadre jusqu’à ce jour. Or, ce parti à l’époque était accusé par une grande partie de l’opinion d’être à la base de l’intolérance politique au Sankuru. Qu’est-ce qui a changé dans ce domaine sous votre mandat ?

En effet, la CCU a endossé ma candidature ainsi si vous voulez insinuer que les députés de ce parti ont voté pour ma candidature à l’élection de Gouverneur, il n’y a rien de plus normal, c’est plutôt logique mais de là à dire que c’est la seule CCU qui m’a élu c’est archifaux car j’avais obtenu 100% des suffrages valablement exprimés dans une Assemblée Provinciale dont la CCU n’était que second parti en terme du nombre d’élus.
Je trouve vos allégations contre la CCU très exagérées car je ne connais pas les méfaits de la CCU à Lusambo, Lubefu, Katako-Kombe, Lomela et Kole. A Lodja, il y a des échauffourées essentiellement pendant la période électorale suite à la concentration des différentes communautés qui cherchent à s’exprimer souvent à contre-courant des opinions des autochtones, c’est là que se situe la pomme de discorde. Il y a certes des extrémistes mais la CCU étant un parti Lumumbiste prônant le nationalisme, sous la houlette de son initiateur n’a jamais prêté le flanc à la violence. Que du contraire !
Par nos origines, nous ne pouvons pas donner l’impression de faire l’apologie de la violence et de l’intolérance d’où qu’elle vienne aussi comme peut témoigner la population du Sankuru, nous étions partout où la paix était menacée. Pendant que étions à la tête de la Province, il y a eu moins de problèmes sécuritaires, la population vaquait librement à ses activités.

Afriqueinfomagazine : Parlons maintenant du secteur administratif. D’aucuns vous reprochent d’être à la base de la cacophonie dans l’administration publique au Sankuru, notamment pour avoir ordonné à travers un arrêté, la délocalisation des directions provinciales de certains services publics et la Cour d’Appel du Sankuru de Lusambo, Chef-lieu de la province à Lodja, territoire dont vous êtes originaire. Qu’est-ce qui s’est réellement passé à ce sujet ?

Nous sommes ahuris par des telles supputations. Pour vous en convaincre, nous sommes disposés à céder nos émoluments du mois de juin 2020 à quiconque nous présentera les références d’un arrêté du gouverneur sur le sujet. Nous aurions pu espérer que les fins limiers de « Alternance.cd » soient en mesure d’exhiber la hauteur de leurs compétences par une bonne investigation au lieu de s’appesantir sur des rumeurs… La vérité est que les gens peu réfléchis avaient souhaités que l’ex-gouverneur ordonna contre la réalité du terrain que les divisions provinciales de la Santé ainsi que celle l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, installées en 2004, in tempore non suspecto, à Lodja par des arrêtés des Ministres Nationaux soient abrogés par le gouverneur honoraire. Selon toute évidence, c’est pour des raisons de sa position centrale dans la province que la cité de Lodja a été désignée pour abriter lesdites divisions étant donné leurs spécificités. Cette situation n’a pas changé. Pour preuve, l’actuelle Ministre de l’EPST n’a trouvé mieux que de créer une deuxième division de l’EPST dénommée Sankuru II, laissant le siège de Sankuru I à Lodja. D’aucuns oublient que la distance entre Elingapango en territoire de Lomela et le Chef-Lieu Lusambo c’est plus de 1000 km, transporter les vaccins et les malles des examens d’état est très périlleux avec nos états de routes !
Quant à la Cour d’Appel du Sankuru, la question est à poser au Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) qui a décidé que cette Cour s’installe à Lodja. Si le CSM avait requis notre avis, nous l’aurions certainement orienté au chef-lieu du territoire de Lubefu qui dispose d’un bâtiment neuf mieux indiqué pour rendre justice à ce niveau.

En parlant justement de l’administration, les enquêtes que nous avons menées démontrent que sous votre mandat, on a assisté à la politisation à outrance de l’administration publique au Sankuru. Certains membres de votre parti n’ayant aucune qualité officielle se permettaient de donner des ordres aux hauts cadres de l’administrations entre autres, le Directeur provincial du SECOPE, le Proved, le chef de Division de la Santé et même aux magistrats des cours et tribunaux. On ne vous a jamais senti impliqué pour mettre fin à ce fléau. Est-ce que ce n’est pas parce que vous aviez les mains liées comme vous l’auriez reconnu un jour ?

Messieurs, là vous avez poussé le bouchon trop loin. C’est excessif et vous savez ce que vaut tout excès. De prime abord, vous semblez ignorer la configuration du pouvoir exécutif sous mon autorité. Tenez, le Vice-Gouverneur et 70% de ministres étaient membres d’autres partis politiques ; même mon Directeur de cabinet n’était pas membre de mon parti. Vous rendez-vous compte que tout ce beau monde étaient muselés au point de laisser faire autant d’abus dans la province ? 

Vous parlez d’enquêtes sans aucun élément probant. Où et quand les aviez-vous menées ? Vous n’hésitez même pas à affirmer que je l’aurais reconnu un jour sans préciser les circonstances. Non Messieurs, sans le moindre doute sur votre professionnalisme, j’ose croire que vous savez que dans notre République il existe des services tel l’Agence National des Renseignements (ANR) qui sont chargés de rapporter ces genres de faits dans leurs bulletins d’informations (BI) à leur hiérarchie ; comment auraient-ils laissés faire sans informer l’exécutif national ? Je vous saurais gré même dans le cadre d’une NDLR d’illustrer fus-ce la nature des ordres dont question par un exemple vécu ou le contenu d’un B.I. des services. Sachez qu’aucune autorité n’a été nommée ni relevée de ses fonctions par le Gouverneur dans le seul but de faire plaisir à son parti. Vos propos on ne peut plus tendancieux n’engagent que vous. En tout état de cause, il me semble que vous reprenez servilement les propos mensongers distillés dans l’opinion par des partis politiques en mal de positionnement au Sankuru face à la CCU.

Le Sankuru fait partie des provinces les plus enclavées. Qu’avez-vous fait durant votre mandat pour améliorer la situation économique et financière et augmenter les recettes de la ?

Un début de réponse a été fourni à la question 2. Indiquons toutefois qu’à notre arrivée au Sankuru aucun aéroport n’était opérationnelle. Nous avons entrepris de reprofiler la piste de l’aéroport de Lodja pour permettre à la Compagnie Civile d
’Aviation (CAA) de fréquenter cet aéroport après 6 d’inactivité. Pendant toutes les saisons sèches, les principales routes de la Province dont la RN7 (Dibele à Lodja) et RN42 (Mutombo-Dibwe à Lubefu via Lusambo) ont toujours été entretenues par cantonnage manuel. La vétusté des routes exige d’énormes moyens techniques ce qui nous a poussé à investir dans la réparation des engins de la Brigade routière de l’Office des Routes installé à Bena-Dibele avec l’aide d’un digne fils de la province et à signer un partenariat avec la société AIRIS pour un entretien permanent d’un tronçon de la RN7 contre paiement d’une taxe de trafic au péage.
Pour ce qui concerne le volet économique, il faut ajouter que la situation politique nationale influait négativement non seulement sur le Sankuru mais aussi pour les provinces de la même catégorie c’est-à-dire celles qui sont enclavées et qui ont hérité d’anciens chefs-lieux de Districts telles la Tshuapa, la Mongala, le Kwango, la Lomami. Dans celles-ci, le paradigme « argent appelle l’argent » a joué en notre défaveur. En effet, comment trouver des investisseurs en ces années électorales

Nos sources indiquent qu’une partie des frais destinés aux Entités Territoriales Décentralisées (ETD) resteraient à Kinshasa. Pouvez-vous expliquer à la population du Sankuru quel est le l’enveloppe que le gouvernement central alloue au fonctionnement des institutions provinciales et des ETD ? Et comment ces frais étaient gérés sous votre mandat ?

Faux. Aucune partie de frais ETD ne restait à Kinshasa. Pourquoi et chez qui ? C’est de l’intox. Les fonds arrivaient à l’agence de la Banque Centrale du Congo à Lodja dans le compte de l’Ordonnateur Délégué du Gouvernement nommé par le Ministère National des Finances.
La hauteur de l’enveloppe allouée par le gouvernement central aux institutions provinciales ainsi que les ETD est fonction de la loi des finances de chaque année. La dernière année, les institutions provinciales recevaient environ 354.000.000 FC tandis que les ETD touchaient 108.000.000 FC.
Chaque institution ou entité gérait ses ressources financières conformément à la loi et à la réglementation en la matière.
Pour notre part, l’utilisation était diversifiée en fonction des urgences et tenant compte de notre vision coulée dans le programme d’actions. A titre d’exemples : on a réparé et ramené les véhicules issus du démembrement à Lusambo ; acheté des motos à tous les administrateurs territoriaux, les chefs des secteurs et quelques chefs de groupement ; on a acheté deux véhicules tout terrain pour la Police ; on a stoppé les érosions de Lusambo-ville, Dibele, Lodja, Katakp-Kombe, Wembo-Nyama ; on a construit un aérogare et un guest-house à Lusambo ; on a acheté des outils pour l’agriculture (houes, machettes, bèches, râteaux). Qui oubliera le deuil provincial en mémoire de notre héros culturel « Papa Wemba » et en prélude à la conférence économique que nous préparions, une équipe composée de 6 journalistes de la RTNC a sillonné le Sankuru pendant 2 semaines dans le cadre de l’émission «d’une commune à l’autre» en vue de susciter des vocations dans la diaspora en faveur de leur province d’origine, voyage à Séoul en République de Corée du Sud accompagné du Président de l’Assemblée Provinciale et du DG de la SNEL pour des projet portant sur l’électrification en photovoltaïque et j’en passe … .

Comment expliquez-vous les dettes de la province du Sankuru auprès de certaines sociétés privées à l’instar de l’Agence Chrétienne du Sankuru (ACS) de Monsieur OPOTO et l’UAC dont on vous accuse d’avoir amené à Kinshasa des meubles de bureaux destiné au gouvernorat

En quittant la province, notre dette intérieure ne dépasse pas les 20.000 USD en 3 ans d’exercices pleins. Vous êtes certainement au courant de l’ardoise laissée dans certaines provinces. La dette auprès de ACS de Opoto est relative à des transactions sur le transport des personnes et des biens au profit de la population et pour le bon fonctionnement des services, le gouvernement provincial devait s’assumer. Des compensations étaient prévues. Comme à l’accoutumée, le gouvernement central donne des tonnes de matériels didactiques et des bulletins à la division de l’enseignement du Sankuru ; la PNC dote la Police provinciale du Sankuru d’uniformes et armes non létales, l’ANR dote sa direction provinciale des motos mais la charge du transport est laissée aux bons soins de la province ainsi faute de liquidité on recours à ce genre d’opérations avec les transporteurs attitrés.
La province ne doit plus un seul rond à l’UAC. Je vous informe que les meubles achetés chez UAC se trouvent à Lusambo et au bureau de représentation de la province à Kinshasa et nulle part ailleurs. Chez moi à Kinshasa il n’existe pas de meubles de l’UAC ni acheté localement, ni provenant du Sankuru. C’est de la délation.

Êtes-vous convaincu que votre mentor, l’Honorable Lambert Mende, savait que votre nom n’était pas retenu sur la liste des candidats de votre regroupement ALLIANCE aux législatives provinciales, vous laissant battre la campagne jusqu’à la veille de la tenue de ces scrutins ? 

Je ne sais pas où vous voulez en venir avec cette question. Dans tous les cas, retenez que mon mentor l’Honorable Lambert Mende est l’un des hommes parmi les plus intelligents, politiquement parlant, de sa génération. Comment aurait-il pu me contrarier sachant que ce faisant il fragilisait ses propres intérêts politiques ?
Via un petit raisonnement par l’absurde, je conclus qu’il ne le savait pas. Je suis conforté par le fait qu’il m’a laissé postuler comme candidat Sénateur de son regroupement politique.

Comment pouvez-vous expliquer son échec à se faire élire Gouverneur du Sankuru.

Les voies de l’Eternel sont insondables. Mais à la dimension humaine, c’est une histoire de jalousie mal placée et la peur de l’animal politique qu’il représente.

Quels sont vos sentiments quand vous observez la crise institutionnelle qui prévaut au Sankuru entre votre successeur, Joseph Stéphane Mukumadi et l’Assemblée Provinciale ?

Mon premier sentiment est qu’un bien mal acquis ne profite que très rarement. Mon second sentiment est qu’on ne devient pas politicien par un plébiscite électoral au second degré. Mon troisième est le regret du temps perdu pour mieux faire dès le début d’une nouvelle mandature. Mon quatrième et dernier sentiment c’est la honte, la province de Lumumba ne mérite pas ça !

Selon vous, quel est le plan de sortie de cette crise ?

Rendre la primauté à l’Assemblée Provinciale est la voie de sortie par excellence et gage de stabilité durable. Ensuite, il faut l’UNITE des fils et filles du Sankuru. Le Caucus des Députés Nationaux et Sénateurs du Sankuru est un bel exemple à suivre par toutes les associations des Sankurois. Enfin, un maximum de RESPECT aux aînés, aux expérimentés. Fudu yakete tondo, we koleka lohelo, we holeke suku !

Propos recueillis par Jules Ntambwe
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