RDC/Paludisme : le COSSAP déconseille l’utilisation des moustiquaires DAWA-TANA

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Le Collectif des organisations de la société civile pour la santé et la lutte contre le paludisme (COSSAP) est monté, une fois de plus, au créneau pour rappeler au gouvernement de la RDC via le ministère de la Santé publique, d’appliquer sa décision portant « mise en quarantaine et suspension de la distribution des MILDA Dawa jusqu’à l’obtention des résultats du test de bio efficacité ». 

En effet, les conclusions et investigations renseignent que ces moustiquaires sou-dosés d’insecticides ne protègent pas efficacement contre le paludisme.
Dans un communiqué de presse lu par le Dr. Félix Musikya, le COSSAP, dont il est directeur exécutif, exige au gouvernement et aux partenaires impliqués dans la lutte contre le paludisme, la diffusion des résultats du test d’efficacité qui devrait être faite dans les deux semaines suivant la date du 18 mars 2019 par les institutions de recherche du pays. Car, il est conscient, entre autres, du manque de progrès significatifs accompli en matière de réduction des cas de paludisme durant les quatre dernières années, de la résistance des cas aux insecticides utilisés sur les moustiquaires actuellement distribués en RDC, du manque de partage des informations stratégiques, de la redevabilité et des responsabilités des partenaires engagés dans la lutte contre le paludisme.
Voilà pourquoi, il continue de faire des plaidoyers pour que les Congolaises et les Congolais utilisent des intrants de qualité, surtout de dernières découvertes technologiques dans la lutte contre le paludisme.
Au fond, le scandale Dawa/Tana devrait servir d’exemple et pousser les parties prenantes à être plus rigoureuses et non complaisantes dans la passation des marchés des outils de lutte contre le paludisme. Ainsi, l’efficacité dans cette lutte dépend non seulement du taux de couverture, de l’utilisation effectif des moustiquaires par le ménage mais surtout de la qualité de cette dernière.

D’ailleurs, les études ont prouvé que, quand 10 ménages reçoivent et utilisent des moustiquaires efficaces, l’effet répulsif induit de l’insecticide utilisé permet de protéger au moins 20 ménages environnants.
Cette évidence prouve la primauté de l’efficacité/ qualité du MILDA ou des paramètres intrinsèques du produit sur les autres considérations telles que le prix, le taux de couverture, la couleur, etc.

En effet, acheter 1.000 moustiquaires de piètre qualité à bas prix pour couvrir 250 ménages pourrait revenir à acheter 500 moustiquaires de bonne qualité à prix légèrement élevé pour couvrir 125 ménages. Sachant que 125 autres ménages bénéficieront de l’effet répulsif induit ou provoqué par l’efficacité des bons MILDA.

Le COSAP signale qu’au Mozambique, un des pays touchés par le scandale Dawa/Tana, le gouvernement avait décidé sans attendre le renvoi/la destruction d’un lot de plus ou moins 1.000.000 de MILDA Dawa et ordonné le replacement aux frais et charges du fabriquant.

‘’Notre pays doit s’inspirer de cet exemple afin de lancer un message fort aux parties prenantes dans la lutte contre le paludisme. Des ratés dans cette lutte en RDC font reculer les efforts consentis à coups de millions de dollars par la communauté internationale et nationale afin d’attendre l’objectif + zéro paludisme +. En effet, vous étés sans savoir que le Nigeria suivi de la RDC sont à ce jour les pays avec le plus grand taux de prévalence du paludisme en Afrique et, par ricochet, au monde. Dans ce pays, l’on ne doit pas tolérer une mésaventure si pas une tricherie telle qu’imposée par Tana’’, martèle-t-il.

Une note du Fonds Mondial préconisait des prélèvements d’échantillons de moustiquaires dans différents pays touchés par le paludisme et les soumettre au test à la Wallon Agricultural Research Center à Gembloux/ Belgique.
Cette note faisait état d’un lot en production de 2.843.758 MILDA à livrer en RDC au courant de l’année 2019 ainsi qu’un lot de 843.141 MILDA était déjà au pays, tous mis en quarantaine.

Fort malheureusement, à ce jour, aucune information n’est disponible ou, du moins, n’a été rendue disponible concernant les prélèvements effectués au pays sur les résultats des tests de bio efficacité menés par le laboratoire national en Belgique ainsi que la suite réservée à ce dossier par le ministre de tutelle.

*Jules Ntambwe*

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