RDC-FOPHAC-FENAPHACO : atelier sur l’élimination de la discrimination à l’égard de la femme vivant avec handicap

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Bien que la République démocratique du Congo (RDC) ait ratifié les différents instruments juridiques tant nationaux, régionaux qu’internationaux garantissant les droits des femmes, la situation de la femme vivant avec handicap demeure déplorable et inquiétante. 

À cet effet, Me Patrick Pindu, Directeur exécutif du Forum des défenseurs et des organisations des personnes handicapées en Afrique Centrale (FOPHAC) a organisé, mercredi 22 mai 2019, à Kinshasa, dans la salle de conférence de la Paroisse Notre Dame d’Afrique située dans la Commune de Lemba, un atelier d’élaboration et de la rédaction du rapport alternatif des femmes vivant avec handicap sur la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme (CEDEF). Cet atelier a été organisé à l’intention des femmes membres de la Fédération nationale des associations des personnes vivant avec handicap du Congo (FENAPHACO). Thème développé : ‘’la mise en œuvre de la CEDEF et le respect des droits des femmes vivant avec handicap par l’Etat et la société civile en RDC ».
Le rapport alternatif des femmes vivant avec handicvap de la RDC a été demandé par les Nations Unies afin qu’il soit présenté au cours de la session spéciale qui sera organisée du 1er au 16 juillet 2019 à Genève (Suisse), où la RDC va présenter son 8ème rapport sur la CEDEF.
C’est l’occasion pour ces femmes d’étayer toutes les inégalités dont elles sont victimes.
Elles ont donc deux jours d’intense activité, soit du mercredi 22 au jeudi 23 mai 2019, afin de cogiter toutes les stratégies possibles pour influencer le gouvernement congolais de respecter fidèlement tous les instruments juridiques ratifiés. Ces instruments garantissent les droits des femmes afin d’améliorer la situation de la femme vivant avec handicap, qui demeure jusque-là dans une précarité inacceptable.

Cris d’alarme

‘’ Malgré la ratification de la RDC à la CEDEF en 1986, la situation de la femme vivant avec handicap n’est pas prise en compte dans l’élaboration des politiques nationales en faveur des femmes pour améliorer la situation de leurs droits. Ainsi, « au cours de cet atelier, les femmes vivant avec handicap vont élaborer un rapport précis qui va relater ,les faits réels de ce que vivent les femmes vivant avec handicap’’, a indiqué Mme Stéphanie Bolia, chargée des programmes du Forum des défenseurs et des organisations des personnes handicapées en Afrique Centrale (FOPHAC).

Il s’agit, ici, d’une lutte noble pour la valorisation de la femme sans distinction. Car, le développement d’un pays, le bien-être du monde et la cause de la paix demandent la participation maximale des femmes, à égalité avec les hommes, dans tous les domaines.
C’est dire qu’il existe des femmes vivant avec handicap très intelligentes que les valides qu’il va falloir promouvoir dans les instances de prise de décisions. Cela, parce que la discrimination fondée sur le handicap est définie comme toute distinction, exclusion ou restriction fondée sur le handicap qui a pour objet ou effet de compromettre ou de réduire à néant la reconnaissance, la jouissance ou l’exercice, sur la base de l’égalité avec les autres, de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, social, culturel, civil, etc.

D’où, l’Etat congolais devrait revoir sa politique pour le respect des droits des personnes vivant avec handicap en général.

A titre illustratif, l’article 6 de la CEDEF stipule que ‘’les Etats parties prennent toutes les mesures appropriées, y compris des dispositions législatives, pour supprimer, sous toutes leurs formes, le trafic des femmes et l’exploitation de la prostitution des femmes’’.
La loi organique sur les droits des personnes vivant avec handicap, initiée par la députée Eve Bazaïba durant la législative de 2011, traine encore au Bureau de l’Assemblée nationale.
Avec la récente création de la commission « Droits de l’Homme », les personnes vivant avec handicap peuvent nourrir beaucoup d’espoirs.

Stéréotypes

La persistance des stéréotypes et des préjugés en RDC est due à l’existence de certaines culturelles discriminatoires vis-à-vis de la femme qui est souvent soumise à diverses pratiques: mariage précoce, privation des ressources, violences psychologiques ou émotionnelles, violences physiques, violences conjugales domestique/répudiation, violences en milieu professionnel, marginalision et privation d’opportunités, déni d’héritage, abandon d’enfants, violences structurelles.

Par ailleurs, le gouvernement congolais n’a toujours pas pris d’initiatives pour faire disparaitre les valeurs culturelles néfastes et pratiques préjudiciables à la femme.

Jules Ntambwe

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