RDC : CASH-FCC, l’obligation de se soutenir mutuellement

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Un deal existe bel et bien entre Cach et FCC. Il y a quelques mois, Cach n’admettait pas qu’il va cogérer la République démocratique du Congo (RDC) avec le FCC en coalition. Aujourd’hui, cela n’est plus qu’un secret de polichinelle. Les deux regroupements politiques sont ensemble et constituent la majorité présidentielle. On peut toutefois constater que les deux blocs ne sont pas encore homogènes.

Sans une majorité parlementaire, le président Félix Tshisekedi est dépourvu des moyens de sa politique.

Le Cach a gagné l’élection présidentielle mais a subi une défaite écrasante dans les législatives nationales et provinciales. Cependant, la Loi fondamentale congolaise, en son article 78, stipule que « le Président de la République nomme le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire après consultation de celle-ci ».

Ne possédant pas la majorité parlementaire, Félix Tshisekedi décide de coaliser avec le Front Commun pour le Congo. Un deal est signé pour lui permettre de bénéficier de la majorité du FCC. Comment s’articulent les clauses de cet accord signé entre les deux parties? Peu de gens sont au parfum des clauses de l’accord. Et ceux qui sont dans le secret des saints ne s’autorisent point de le divulguer.

Sans la majorité présidentielle, non seulement Félix Antoine Tshisekedi manque les moyens de sa politique mais aussi, dans un passé lointain, ce cas similaire a installé une crise persistante en République démocratique du Congo. Les Institutions de l’État en ont souffert et le chaos avait été total.
Le président Kasa-Vubu et son Premier ministre Patrice Lumumba avaient expérimenté cette situation malheureuse en 1960, quelques mois après l’accession du pays à l’indépendance.

A qui profite réellement l’accord signé entre le Cach et le FCC?

La situation politique congolaise reste complexe. Bien qu’un accord est signé entre les deux grandes coalitions politiques au pouvoir, il s’avère que, trois mois après l’investiture du président de la République le 24 janvier 2019, les violons ne s’accordent toujours pas sur le nom de la personne devant diriger le prochain gouvernement.

Évidemment, pour bien comprendre les tenants et les aboutissants de ce processus, voici brièvement ce que sont respectivement le CACH et le FCC.

Le CACH n’est autre que le rapprochement de deux partis de l’opposition sous le règne de Joseph KABILA et qui ont dénoncé, par l’avoir signé la veille, l’accord de Genève sous le label de Lamuka.
L’Udps qui fut le premier parti politique de l’opposition et de l’Unc.
Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, de ces deux partis politiques, sont respectivement aujourd’hui Président de la République et Directeur de cabinet du premier cité.

De l’autre côté, nous avons le FCC, regroupant tous les partis politique autrefois au pouvoir. Ils ont pour Autorité morale le président sortant Joseph Kabila.
En fait, c’est Joseph Kabila qui donne les lignes directives de ce regroupement politique.

Alors que la population congolaise avait plus que marre de la megestion des leaders des partis membres du FCC, on se rend à l’évidence qu’aujourd’hui encore, ils sont toujours « indésirables » pour la population.
La coalition risque de coûter énormément cher à Félix Tshisekedi. Surtout que ses nouveaux partenaires exigent une représentativité de 80% dans les Institutions de l’État. C’est dire que les mêmes têtes du régime passé vont revenir aux commandes du pays.

Aux termes des lois de la République, c’est le FCC, « majoritaire », qui détient le vrai pouvoir de l’État. Le FCC détient la majorité dans toutes assemblées, aussi bien nationale que provinciales.
En signant l’accord avec le CACH, le FCC a tendu la main au Président pour garantir la paix sociale et, assurément, éviter un clash des Institutions.

Certes, dans tous les cas, les deux regroupements politiques seront bénéficiaires de l’Accord. Mais, qu’en est du peuple congolais ?

Franco Mayiza
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