Puis l’embroglio se crea

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Tshisekedi Wa Mulumba appartenait à l’opposition politique congolaise depuis belle lurette. N’exerçant pas des fonctions étatiques depuis plus de 22 ans, il a été le politicien le plus en vue pour le monde extérieur et intérieur en RDC. Décédé depuis 01 Février 2017 en Belgique, il n’est toujours pas enterré. Pour sa famille, sa dépouille mortelle reste en Belgique et ne pourrait être rapatriée à Kinshasa qu’après l’aboutissement favorable et l’application de l’accord de la Saint Sylvestre signé entre la majorité présidentielle et l’opposition sous la conduite de la Cenco. Cette astuce trouvée par l’Udps n’a pas mis la pression au pouvoir en place. L’accord de la Saint Sylvestre a donc donné naissance à un mort-né. Dans la soirée du 27 Mars 2017, le secrétaire général de Conférence de l’épiscopat national du Congo a déclaré l’échec des assisses. Par contre, quand bien-même le corps du président de l’UDPS, Etienne Tshisekedi se trouve encore en Belgique, à Kinshasa son ombre est plus que escomptée sur le vivant.

Le  manque d’anticipation au sein du Rassop

 Pour rappel, lors de la création du Rassemblement de l’opposition à Genval, le mouvement avait placé à sa tête un président et un vice-président des sages en la personne d’E. Tshisekedi et Mwando Nsimba. A la mort du président des sages, Etienne Tshisekedi, son vice-président Mwando Nsimba devait normalement lui succéder mais malheureusement, celui-ci est décédé un mois avant son président. Ainsi donc, en un court instant le Rassemblement de l’opposition a perdu deux piliers majeurs de l’organisation. Par malheur les textes constituant le Rassop sont sur ce point précis aphone.

La mort les a surpris. Ils ne l’ont pas vu venir. Et pourtant, pour ce qui concerne Etienne Tshisekedi, avant son départ en Belgique pour le Check-up, il s’est donné la peine d’écrire une lettre à l’intention de Joseph Kabila, chef de l’Etat. Comme s’il savait qu’il n’allait pas rentrer au Congo vivant.

L’une de deux personnes designer par E. Tshisekedi pour remettre à la Cenco la lettre qu’il avait écrite à l’intention du chef de l’Etat, était Pierre Lumbi. Certaines personnes avisées au sein du Rassop certifient qu’Etienne Tshisekedi faisait confiance à Pierre Lumbi. Tous ceux qui ont fréquentés Etienne Tshisekedi de son vivant indiquent que le Sphinx de Limeté ne faisait jamais rien au hasard. Le choix de Pierre Lumbi était bien muri.

Les deux camps du Rassemblement

Les violons ne se sont plus accordés au sein du Rassop depuis la mort d’Etienne Tshisekedi pour la désignation de son successeur. Au finish, deux ailles se sont formées.  D’une part Joseph Olengankoy qui était parti avec 9 des 13 qui ont signés l’acte fondateur du Rassop à Genval et de l’autre côté Pierre Lumbi et Felix Antoine Tshisekedi.

Pour ne pas fragiliser le groupe et maintenir les objectifs poursuivis, ceux qui étaient partis avec Olengankoy ont fait volte-face pour rejoindre le duo Lumbi-Tshisekedi. Seuls Olengankoy, Tshibangu Kalala et l’ancien porte-parole du Rassop et membre de l’Udps, l’actuel premier ministre, BrunoTshibala sont restés de marbre.

Soucieux de l’aboutissement de l’accord de la Saint Sylvestre, le président national de l’Union Nation Congolais (UNC), Vital Kamerhe, au cours d’une interview accordée à un media de la place, a été plus claire en disant que le problème de discorde que rencontre le Rassemblement est bel et bien un coup fomenté par la majorité présidentielle au pouvoir.

Joseph Olengankoy

Surnommé enfant terrible de l’opposition à l’époque de Mobutu, il est le président du parti politique Forces Novatrices pour l’Union et la Solidarité (Fonus), un parti de l’opposition.

L’homme est réputé pour sa versatilité ce qui fait qu’il soit difficile de dire pour quelle chapelle il roule. Il est aujourd’hui pour le compte de l’opposition demain dans la majorité.

Selon Mike Kalambay, Olengankoy et Arthur Zaidi Ngoma, paix à son âme, avaient orchestré l’éloignement d’Etienne Tshisekedi lors de la transition de 1+4.

En 2004, il devint ministre de transports au sein du gouvernement de transition. Peu de temps après, le Chef de l’Etat Joseph Kabila l’a limogé pour détournement des fonds publics. Dans une interview accordée au Magazine Grands Lacs pendant qu’il était ministre, il a fait des grandes déclarations soutenant Joseph Kabila. Il se reconvertira en opposant après sa révocation du gouvernement.

Le Rassemblement aille Olengankoy disposerait du soutien de 8 des 11 ‘’pères-fondateurs’’, allusion faite aux signataires de l’acte constituant la coalition à Genval, selon Olengankoy lui-même. Néanmoins, vérifications faites, POLITICO.CD laisse entendre que la réalité est autre. La majorité des signataires de l’acte de Genval soutient le camp Félix Tshisekedi – Pierre Lumbi, malgré la campagne de « dédoublement ».

Pierre Lumbi

En 2006, Pierre Lumbi était Ministre des Infrastructures. Il avait négocié le fameux contrat chinois. Un contrat qui a accordé 68% de profit au consortium chinois contre 32% à la république démocratique du Congo. Un grand débat s’en est suivi au parlement après la signature du contrat chinois. Pour cause, 4 des 32% de la RDC appartenaient à un certain Mukendi. Qui était-il cette personne qui a elle seule devait revenir 4% des profits que génèrent le Contrat Chinois. Malgré les zones d’ombre qui planaient sur le contrat, Pierre Lumbi et sa majorité présidentielle, de l’époque, ont fait passer le projet en force.

Onze ans après, le contrat chinois est encore fonctionnel. Où en sommes-nous dans l’avancement des travaux de modernisation le socle du premier quinquennat du chef de l’Etat. L’extraction minière par le consortium chinois ne s’est pas arrêtée mais les travaux d’infrastructures ne sont plus visibles sur toute étendue de la république.

Avant la création du G7, Pierre Lumbi était le conseiller spécial du chef de l’Etat Joseph Kabila. Quels sont les vraies raisons du départ de Lumbi, Mwando, Lutundula, Kamitatu, Katumbi et autres de la Majorité ? Est-ce seulement par souci d’alternance ?

Pourquoi alors cet homme aujourd’hui dans l’opposition fait-il peur à la majorité au pouvoir ? Le ministre de l’intérieur, Ramazani Shadari l’a nommément cité et a clairement dit que la majorité ne veut pas de Pierre Lumbi à la tête du CNSA. Si jamais l’accord de la Saint Sylvestre devrait être mis en application, et que Lumbi demeure le président des sages de cette plateforme, la présidence du CNSA lui reviendrait de droit ce que disent  les textes de cet accord qui stipulent que le président du conseil des sages est de facto le président du CNSA.

Si le chef de l’Etat a accepté de travailler avec des cadres qui ont pris les armes contre lui et contre la nation, ceux-là qui ont mis le pays à feu et à sang, pourquoi ne travaillerait-il pas avec  Pierre Lumbi ? Lui qui s’est soustrait de la majorité par la voie non-violente se demandait Gilbert Kiakuama, membre du Rassop.

Pourquoi Lumbi fait-il peur au pouvoir ? Sa présence à la tête d’une institution de première importance, pendant la période pré-électorale, serait-elle gênante?

Félix Tshisekedi bénéficie du soutien extérieur 

 La popularité acquise par Felix Antoine Tshisekedi après la mort de son père est indéniable. A cet instant, si Kinshasa est le miroir de la Rdc, statistiquement Félix Tshisekedi est considéré comme le futur gagnant de la présidentielle à venir. S’il a le soutien de la population congolaise, il a aussi le soutien de la communauté internationale.

Il a finalement eu gain de cause au vu des efforts consentis en multipliant les voyages à l’étranger. Quand bien même les assisses du centre interdiocésain ont capoté, les négociations restent ouvert en coulisse. Il est plus que claire que la population en a marre. Seule la nomination d’un gouvernement dirigé par le Rassop peut apporter la paix en RDC. Les leaders du Rassop sont conscients de leur force, possible qu’ils mèneront beaucoup d’activités de masse pour mettre le pouvoir dos au mur.

Les pays occidentaux n’hésiteront pas à sanctionner Kinshasa. Les groupements régionaux, voire même l’Union Africaine qui habituellement soutiennent les présidents en exercice, vont emboiter le pas pour asphyxier Kinshasa.

Les jeux se joueront lorsque les cartes seront distribuées

Le temps joue cependant contre le président Joseph Kabila.  Il est plus qu’évident que le chef de l’Etat finira par composer avec Félix Antoine Tshisekedi et le Rassemblement. Depuis l’accession de la RDC à l’indépendance toutes les grandes décisions prises sont dictées en sous-main par la communauté internationale. Aucun président n’a fait exception. Certainement pas Joseph Kabila n’échappera à cette règle.

Les élections vont se tenir en RDC avec ou sans le président Kabila ainsi en a décidé la communauté internationale. L’histoire est un éternel recommencement, il a été ainsi du temps du président Joseph Kasa-Vubu, du président Joseph Désiré  Mobutu et de Laurent Désiré Kabila. Chacun a le libre arbitre de se choisir sa voie de sortie.

La communauté internationale sanctionnera ceux qui s’obstinent à diriger le pays seuls. L’acceptation de la voie qu’elle a tracée peut dénouer la situation politique en Rdc. Ce qui est des élections, elles ne se tiendront pas à la fin de cette année. Les moyens techniques faisant visiblement défaut. Ainsi donc, les protagonistes pourront tous participer à la gestion commune comme du temps de 1+4.

C’est alors que des nouvelles cartes pourront être redistribuées. Seulement et uniquement après la période de la gestion commune.

Franco MNM

 

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