Procès Kamerhe : Nicholas Kazadi, l’un de superviseur cité par Kamerhe, parle du programme de 100 jours

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Le nom de Nicholas Kazadi, conseiller du président Félix Tshisekedi, a été cité comme étant l’un des superviseurs du programme de 100 jours par Vital Kamerhe.
Quelques jours avant le début du procès Kamerhe, le conseiller du Chef de l’État a accordé une interview à la Radio France Internationale.
Sonia Rolley : Dans les rangs de l’UNC, certains pensent à un complot fomenté par le président.

Nicholas Kazadi : Je crois que c’est un réflexe partisan légitime et prévisible. Il faut laisser passer le temps de l’émotion et les choses reviendront à l’ordre. Nous sommes devant quelque chose historique dans ce pays. Que des autorités à un si haut niveau soient interpellées par la justice comme cela a été le cas, c’est très nouveau. Beaucoup de gens, qui ont mon âge, n’ont jamais vécu ça dans ce pays. L’UDPS et l’UNC se sont engagées au changement, ils ont intitulé leur coalition Cap pour le changement. Cap pour le changement, c’est rebâtir la démocratie, construire l’État de droit, pas le contraire. Il faut savoir qu’il y a un audit qui est fait en même temps qu’une enquête judiciaire. Et l’initiative de poursuite a été prise par la chancellerie approuvée par le Conseil des ministres et c’est là que nous sommes. Tout a été fait dans les regles.

Vous avez été convoqué par la justice. Est-ce que vous ne redoutez pas qu’il y eut d’autres arrestations à la présidence ? La présidence est-elle prête à cette éventualité ?

Ma perception est que la présidence, non seulement elle fait face, mais elle y fait face avec dignité et courage.
Maintenant, en ce qui me concerne personnellement, je n’ai aucun problème. J’ai déjà été entendu 4 fois. Je le serai probablement une 5e fois. Et je suis prêt à l’être autant de fois que nécessaire, parce que c’est la justice de mon pays.

Que répondez-vous, notamment, à ceux qui sont dans les rangs de FCC qui redoutent aujourd’hui une chasse aux sorcières parce que le gouverneur de la Banque centrale est convoqué, qu’il y a des ministres qui sont convoqués, des anciens ministres qui sont convoqués ?

Il n’y a pas de raison que la moindre invitation à se présenter devant les juges soit interprétée comme une chasse aux sorcières.
Les gens, que vous cités, ont été impliqués dans le processus du programme de 100 jours. Qu’ils soient invités, il y a rien de plus normal. Ça ne veut pas dire qu’ils sont coupables et condamnés. Le problème est qu’on est à une heure avec les réseaux sociaux où toute invitation est interprétée comme une condamnation.

Est-ce que vous ne redoutez pas, quand même, que cette affaire judiciaire fragilise le président de la république ? On voit que l’opposition dit difficile d’imaginer que le directeur de cabinet puisse agir sans l’accord de son patron. On voit que cela crée aussi des tensions au sein de la coalition au pouvoir.

Je ne vois pas en quoi ce qui se passe fragilise le Chef de l’État qui est dans sa position en train de montrer qu’il est en accord avec ses engagements. Au lieu de fragiliser, je crois qu’il faut plutôt trouver le terme exactement contraire.

 Pour vous, il en sort grand ?

Du moment où il fait progresser l’État de droit et la lutte contre la corruption, absolument il n’y a pas de doute là dessus. Maintenant, c’est vrai que ça se fait dans la douleur parce que ce sont des proches à lui qui sont les premiers touchés. Il n’y a pas de doute. Mais, c’est la République. Il est avant tout au service de la République.

Quel bilan faites-vous du programme de 100 jours en lui-même ?

Est-ce le moment d’en parler ? Parce qu’aujourd’hui, l’opinion est plongée par cette perception négative. Je crois qu’il faut laisser le temps au temps. Il viendra le moment d’un véritable bilan. On fera la part des choses. Au titre du bilan, non seulement il y a quelques bonnes réalisations, même des très bonnes. Il y a des choses qui se sont mal passées. Mais, il y a aussi des leçons utiles et nous devrons nous en saisir pour faire mieux demain.

Nicholas Kazadi, merci.

C’’est moi qui vous remercie.

Interview réalisée par Sonia Rolley pour le compte de RFI
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