Un Plan Marshall pour la reconstruction de la RDC

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Oui, vous avez très bien lu : 800 milliards de dollars américains sur 15 ans pour augmenter le PIB par habitant de 394 dollars aujourd’hui à 15.000 dollars et atteindre le plein emploi.

Un diagnostic sans complaisance

 La situation sécuritaire est très mauvaise: les Congolais sont massacrés chaque jour, attestant l’impuissance du gouvernement, de l’armée, de la police et des services de sécurité. Tout se passe comme si l’Etat n’existe que de nom. La situation économique et sociale de la RDC est catastrophique et est caractérisée par un sous-développement alarmant et une pauvreté extrême. La RDC est aujourd’hui l’exemple typique de la mauvaise gouvernance économique et politique d’un pays et de l’égoïsme des gouvernants. En dépit de ses immenses ressources naturelles et humaines, elle a aujourd’hui le produit intérieur brut (PIB) par habitant le plus bas du monde et est classée 228e sur 228 pays d’après  Indexmundi qui s’appuie sur les statistiques de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.

La RDC a un système de gouvernance tellement pourri que  85 % des revenus des ressources naturelles n’entrent pas dans le budget national, mais plutôt dans les poches des individus, privant ainsi le pays des ressources nécessaires pour financer le développement. Par conséquent, plus de 90 % de la population vivent sans eau potable ni électricité, ni moyens de télécommunication. Le pays est incapable d’offrir à la population un système éducatif et sanitaire ainsi que des infrastructures de base dignes de ce nom. La croissance économique solide sur papier n’est ni inclusive ni palpable. Elle ne profite pas à la grande partie de la population dont les conditions sociales restent très précaires. Le chômage avoisine 85 % de la population active et est la cause principale de la pauvreté qui touche 88 pour cent de notre population. La pauvreté fait que l’espérance de vie à la naissance est de 50 ans en RDC contre 90 à Monaco, soit un écart de 40 ans. Avec un PIB par habitant de 394 dollars actuellement, la RDC est le pays le plus pauvre et le moins développé du monde avec 88 % de la population vivant en-dessous du seuil de pauvreté de 1,25 dollar par jour en dépit de ses immenses ressources naturelles. Le Franc congolais, monnaie nationale et symbole de la souveraineté du pays, ne vaut rien à tel point que la dollarisation représente 95 % de l’économie nationale.

Au vu de tout ce qui précède, ayons le courage de reconnaître que notre pays a échoué sous la gouvernance actuelle.  Maintenant, que faire ?

Le Plan Marshall de Noël K. Tshiani pour la reconstruction de la RDC

 Il est très important que la population congolaise et les futurs dirigeants prennent conscience de la gravité de l’échec du modèle de développement suivi jusqu’à ce jour. Ma proposition du « »Plan Marshall de Noël K. Tshiani pour la reconstruction de la RDC» est une nouvelle vision du développement qui s’échelonnera sur 15 ans. Je ne propose pas des réformes cosmétiques habituelles qui laissent les problèmes intacts et font l’éloge d’une croissance économique sans impact réel sur le vécu quotidien de la population. Ma proposition vise à transformer fondamentalement la société afin de créer des opportunités pour que toute la population congolaise sans exclusion puisse elle-même se prendre en charge définitivement.

Mon Plan pour la RDC s’articule autour de neuf piliers : (1) investir dans les ressources humaines en mettant l’accent sur l’éducation, la santé et l’autosuffisance alimentaire ; (2) promouvoir la bonne gouvernance et l’utilisation efficiente et transparente de ressources publiques ; (3) promouvoir la paix, la sécurité, l’État de droit et la démocratie ; (4) promouvoir l’émergence de la finance nationale; (5) promouvoir l’émergence d’un secteur privé national responsable ; (6) favoriser la réalisation de grands travaux d’infrastructures à haute intensité de main-d’œuvre ; (7) favoriser et accélérer l’industrialisation du pays par la transformation locale des minerais, la mécanisation de l’agriculture, de l’élevage et de la pèche, la mise en valeur planifiée et ordonnée des forêts, et l’éclosion du secteur tertiaire, y inclus le tourisme ; (8) créer des synergies entre le marché intérieur et l’intégration régionale ; et enfin (9) mobiliser les ressources humaines et financières pour mettre en œuvre les différents piliers du plan.

La stratégie reposera sur le secteur privé comme principal moteur de la croissance et est fondée sur le libéralisme à visage humain avec une dose raisonnable de l’interventionnisme étatique.

Le pays  mobilisera les Congolais de l’intérieur et de la diaspora pour la mise en œuvre de cette vision de développement ayant une forte appropriation nationale. Il fera appel à l’expertise internationale quand cela est nécessaire.  Il est important de noter le coût total pour la mise en œuvre de ce « plan Marshall » : 800 milliards $ US sur 15 ans. Ce montant très important pourra être mobilisé sur une combinaison des ressources intérieures, des contributions des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux ainsi que du secteur privé sous forme d’investissements directs étrangers. Les éléments importants pour la réussite de la mobilisation de ressources financières sont le leadership politique qui doit être crédible et à la hauteur des ambitions de développement du pays, la bonne gouvernance pour s’assurer que les ressources publiques sont utilisées de façon efficiente, les politiques économiques et sociales saines, la lutte sans merci contre la corruption, des institutions stables et enfin la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national.

Aux grands maux, de grands remèdes

 Ma vision est certes ambitieuse, mais réalisable dans un environnement national démocratique nouveau. Si nous éradiquons la corruption, l’impunité et toutes sortes d’antivaleurs ; mettons en place un État de droit fonctionnel et améliorons la gouvernance sous un leadership visionnaire, compétent, responsable et intègre, l’État aura des moyens suffisants pour se doter d’un budget annuel d’au moins 72 milliards de dollars à la grandeur du pays pour implémenter cette vision de développement permettant d’atteindre le plein emploi et d’augmenter le PIB par habitant actuellement de 394 $ US à 15.000 $ US dans 15 ans. Il est enfin temps que la gestion de la RDC par la force des armes s’arrête pour laisser place à la gouvernance par intelligence.

Pour réussir, la RDC doit restaurer l’intégrité et l’honneur dans la conduite des affaires de l’Etat et au sommet de l’Etat. Le pays doit évoluer de la gestion par la force des armes, la violence, la terreur, la répression dans le sang, la corruption, l’absentéisme du leadership, l’irresponsabilité, la démagogie, la prédation des ressources naturelles, les conflits d’intérêt, le vol des biens publics, la confusion et la procuration du pouvoir à la gouvernance moderne par honneur, intelligence, démocratie et respect des droits humains et des libertés individuelles et collectives.

Nous devons refuser d’entreprendre des réformes cosmétiques habituelles qui ne changent pas réellement la situation catastrophique de notre pays. Sans démagogie, ce plan offre aux grands maux, de grands remèdes. Que tout le monde mette l’intérêt supérieur de notre pays avant les intérêts personnels égoïstes. Si nous agissons ainsi, notre pays est appelé à un bel avenir car à mon avis, l’impossible n’est pas congolais.

Noël Tshiani Muadiamvita

 

 

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