Paul Balenza recadre Verckys : « il n’y a pas détournement à la Socoda… »

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Depuis sa prise de fonction à la tête du Conseil d’Administration de la Société congolaise des droits d’auteurs et des droits voisins, Socoda, le Président Jossart Nyoka Longo reste engagé pour l’intérêt des artistes congolais en général. Malheureusement, le PCA a.i de la Socoda est combattu par certains membres de cette corporation artistique, qui veulent le distraire alors que sa vision est de mieux travailler dans l’optique de remettre cette coopérative sur orbite. La dernière déclaration faite par Verckys Kimuangana, l’ex-PCA contre Nyoka Longo n’a pas laissé indifférent l’honorable Paul Nzalio Balenza. Dans un entretien accordé au site Afrique Info Magazine, il n’a pas réagi comme Député national mais en sa qualité d’artiste et surtout de membre du Conseil d’administration de la Socoda. Avec véhémence, ce vertébré administrateur dément toutes les accusations portées contre Nyoka Longo. Paul Balenza dénonce surtout le plan machiavélique de Vévé qui, pour lui, veut à tout prix nuire et déstabiliser le bon fonctionnement de la Socoda pendant que l’actuel Conseil d’administration et la Direction générale ont déjà mis le cap vers l’organisation prochaine de l’Assemblée générale extraordinaire.
A suivre :
Afrique Info Magazine : Verckys Kiamuangana accuse Nyoka, actuel PCA d’avoir détourné une somme de 100.000$ U.S de la Socoda. Comment réagissez-vous à cette accusation ?

Paul Balenza : Celui qui accuse doit apporter les preuves. Je pense que c’est un faux débat ou encore une accusation non fondée. Nous respectons certains vieux par rapport à ce qu’ils ont fait pour la promotion de notre musique. A la Socoda qui est une société coopérative, nous n’avons pas cette politique de venir tout étaler dans la rue. Nous avons compris que Verckys n’a pas d’informations mais il veut plutôt connaître certaines choses. S’il se sent léser, il n’a qu’à porter plainte comme ça la justice va se saisir de l’affaire et pourra alors diligenter un audit pour sévir les malfaiteurs s’il y a eu réellement détournement. Il n’est pas bon de continuer à garder la haine ou un mauvais cœur jusqu’à un certain âge dans la vie. Celui qui nous accuse, a connu des problèmes avec Franco et Rochereau, mais il est fort regrettable de constater qu’il veut encore avoir des problèmes avec la jeune génération. Un jour vous apprendrez qu’il a encore un conflit avec Innocent Balume. A son âge, il doit se convertir. Car, la vie est courte.

AIM : Qu’avez-vous fait alors de 810 mille dollars perçus auprès d’Airtel ?

La Socoda est une société bien organisée. On ne peut pas à chaque fois organiser un point de presse parce qu’on a fait une recette dans l’entreprise. Celui qui veut le bilan financier de la Société n’a qu’attendre la périodicité convenue. Je pense que toute entrée financière fait partie du fonctionnement normal de l’entreprise. M. Kiamuangana sait lui-même de quelle manière avait-il utilisé et géré la Socoda. D’ailleurs, il est mal placé pour nous donner des leçons en matière de gestion. Il doit avoir honte d’accuser le Président Nyoka Longo de détourneur. Puisque lui-même est un grand margoulin.  Car, nous avons des preuves de sa mauvaise gestion durant son mandat à la tête du Conseil d’administration.  Je vous parle en connaissance de cause parce que c’est moi qui ai présidé la commission d’audit sous sa signature, à l’époque. Il sait combien la société avait gagné en six mois après le contrôle.  Posez-lui la question si combien de fois il a payé les agents de la Socoda ? Combien de fois avait-il fait la répartition ? Quel pourcentage réclamait-il à chaque fois qu’il prêtait de l’argent à la Société. Comment il avait falsifié les statuts de la Société pour ses intérêts égocentriques ? Chose grave, il prenait parfois des décisions de manière unilatérale pour satisfaire X ou Y ministre sans consentement du Conseil.

Verckys réclame ses dettes à la Socoda qui ne veut pas lui payer après son éviction. Est-ce que reconnaissez-vous ces dettes ?

Ce n’est pas un problème ! S’il y en a, on va les lui payer.  Mais à condition qu’il brandisse ses preuves. Si j’ai encore une bonne mémoire, la Société ne lui doit que huit cents et quelques dollars.  Par contre, Verckys doit beaucoup d’argents à la Socoda. Toutefois, il sait ce qu’il veut. Le vieux n’est pas bête. Il est très malin.   Mais, si on décide d’engager une bataille ouverte contre lui, il sera déplumé. On l’évite simplement par respect et par éducation qu’on a pu grandir avec à Kinshasa.  Savez-vous combien de comptes fictifs ce vieux a-t-il créés dans différentes banques à Kinshasa au nom de la Socoda sans que les sociétaires le sachent ? C’est triste pour une personne qui se fait appeler dignitaire de la République.

Pourquoi alors un seul individu semble mener vie dure à la Société ?

Ça m’étonne parfois de voir une personne avoir des conflits partout. Je peux vous révéler que Verckys a plusieurs dossiers en justice dont la majorité est en sa défaveur. Imaginez-vous qu’il a envoyé des lettres partout pour bloquer la société. Il s’est adressé aux banques, brasseries, entreprises, restaurants et autres partenaires pour ne pas payer la Socoda. A cause de sa jalousie, il pensait que, sans lui, on ne peut rien. Il se prenait pour dieu. Nous venons de sortir d’un conclave avec le Conseil d’administration au cours duquel plusieurs résolutions ont été prises, pour améliorer les conditions de travail des agents et cadres de la Socoda et surtout nous avons mis en place des stratégies efficaces pour permettre à la société de bien accomplir sa mission (percevoir et repartir les droits des artistes) afin de bien servir les ayants-droits.

A quand remonte la dernière répartition et surtout le paiement de salaire du personnel de la Socoda ?

Nous avons connu plusieurs mois d’arriérés lorsque Verckys était PCA. Ça fait huit mois depuis que Jossart Nyoka Longo a pris les choses en mains. On a apuré au moins 7 mois de salaires des agents de la Socoda. On a reparti à deux reprises les droits des artistes. En tout cas, on n’a pas de retard en termes de répartitions jusque-là. Je vous informe qu’on se prépare pour le paiement du premier semestre de juin. N’eut été la Covid-19, le Comite de gestion allait déjà faire quelques répartitions encore pour les ayants-droits. Parce qu’on a réconcilié les comptes.

 

Que pensez-vous alors de la libéralisation du secteur de droit d’auteur en RDC?

Le droit d’auteur est un domaine très complexe et vaste. La libéralisation n’est pas aussi mauvaise mais elle ne sera pas une attache facile pour notre pays de lors qu’avec la Socoda comme l’unique société, on n’y parvient pas à percevoir de manière effective à cause des manques de clés de répartition ou des fiches de répertoire. Il faut savoir que le droit d’auteur n’est pas l’apanage des musiciens seulement mais aussi des peintres, des sculpteurs, comédiens, cinéastes, architectes écrivains… Si on n’est pas encore mûre en la matière, pensez-vous qu’on va bien gérer plusieurs autres sociétés ? Cette libéralisation risque de créer encore du désordre dans le secteur si on ne fait pas les choses. Nous devons, par contre, nous réunir pour réfléchir comment parvenir à une répartition équitable au profit de tous les artistes. S’il est possible de libéraliser le secteur, tant mieux mais il faudra mettre en place des structures solides avec une expertise avérée pour bien s’engager dans la gestion, le contrôle et la répartition des droits d’auteur. Toutefois, je ne suis pas non plus contre, ni pour ! Car, je sais que ça ne sera pas facile en RDC. Et, puis les choses ne peuvent se faire comme un coup de bâton magique. Il faudra vraiment une étude approfondie avant d’aboutir à un consensus entre l’Etat et les concernés (artistes).

Propos recueillis par Jordache Diala
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