Musique-RDC : Dina Star propose la création d’une Commission de correction des textes des chansons

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Depuis sa résidence de la ville de Mulhouse, à 500 Km de Paris (France), l’artiste musicien Dina Star Shango a accordé une interview exclusive au site Afrique Infos Magazine. 
Avec une carrière musicale très prometteuse, ce Congolais évoluant en internationale a exprimé sa position sur deux sujets importants qui défrayent la chronique à Kinshasa. Il s’agit de la suppression de la Commission de censure et de la problématique des thèmes dans la chanson congolaise.
Le patron de « DS Production » a également profité de l’occasion pour rappeler aux amoureux de la bonne musique la sortie de son nouveau single «Nzoto mabele », dont le clip vidéo sera bientôt disponible sur les plateformes numériques. Interview.
Afrique Infos Magazine : Qu’est-ce que les mélomanes peuvent attendre encore de vous, après votre single « Limbisa ngai  » sorti en 2018 ?

Dina Star : Je continue à travailler en silence pour le plaisir des mélomanes de la bonne musique. J’ai beaucoup d’autres projets intéressants. Depuis le mois de septembre dernier (2019), j’ai mis à la disposition du public un nouveau son intitulé « Nzoto Mabele» qui est sur le marché du disque digital.

AIM : Que retenir de votre chanson « Nzoto Mabele » sur le plan sociologique ?

DS : C’est une chanson dédiée, à titre posthume, à ma chère épouse Marie Marthe Shango qui est décédée en décembre 2018, suite à une courte maladie, en France. Tellement abattu, sa mort a été une source d’inspiration pour moi. Voilà d’où j’ai tiré le titre « Nzoto Mabele ».

AIM : Quelle leçon morale peut-on tirer à travers cette mélopée qui est une réalité personnelle de l’auteur ?

DS : L’arrogance ou la vantardise etc…n’est rien dans la vie. Car, chacun (e) de nous a une fin, et la fin de l’existence de l’Homme, c’est la mort. En termes clairs, le ‘‘corps humain’’ c’est la terre »

AIM : Avec qui avez-vous réalisé ce titre ?

DS : J’ai travaillé moi-même sur plan de l’écriture de la chanson et j’ai fait aussi le lead vocal. Par ailleurs, d’autres collègues musiciens congolais m’ont également accompagné au studio. Notamment, Sec Bidens  » Monganga » qui a assuré l’arrangement et le mixage. Il est intervenu aussi aux guitares. Tandis que la chanteuse Diane Ifany et moi-même, nous avons posé nos voix dans les chœurs. D’ailleurs, je profite de l’occasion pour remercier tous ceux qui m’ont soutenu dans l’ensemble de la réalisation de cette chanson dédiée à celle qui était mon épouse bien-aimée. « Nzoto Mabele » est une production de DS Production en collaboration avec SB Production.

AIM : Comment entrevoyez-vous votre avenir dans la musique ?

DS : Je suis optimiste, bien que le Congo musical n’a plus des structures fiables pour soutenir les artistes. Déjà, au-delà, l’industrie musicale est quasiment inexistante au pays, il faudra ajouter le climat morose qui règne entre les artistes congolais. Et, cela, contrairement à l’esprit de solidarité artistique qui règne au Nigeria et dans d’autres pays du monde.

AIM : Est-ce que vous avez réellement une place dans l’arène musicale congolaise ?

DS : Oui ! Je peux me le permettre, sans prétention. Pourquoi pas?

AIM : Quand est-ce que le public kinois vivra Dina Star sur scène á Kinshasa ?

DS : Nous y avons déjà pensé. Il y a déjà un projet en gestation, en collaboration avec Jimmy Mukelenge. Si, Dieu nous prête vie, il est fort possible que le public kinois me découvre particulièrement en live sur une scène de spectacle l’année prochaine (2020).

AIM : Vous êtes un des rares artistes moralistes qui propose de bons thèmes qui contribuent à l’éducation de la société. Que demanderez-vous au Chef de l’Etat pour le rayonnement de la Culture congolaise sur la scène internationale ?

DS : Pas grand-chose. Mais, je pense que, depuis qu’il occupe ce poste, le président Félix Tshisekedi a pu constater un malaise profond dans notre secteur de la Culture et des Arts, en particulier, et surtout de la jeunesse congolaise, en général. Au moment opportun, je crois qu’il se penchera là-dessus, parce qu’il y a vraiment « un ça ne va pas ». Franchement !

AIM : Où devra-t-il commencer concrètement pour améliorer la situation des artistes ?

DS : Le président de la République est mieux placé pour le savoir… Il a des conseillers qui peuvent réfléchir là-dessus et apporter des solutions durables aux multiples problèmes qui rongent notre secteur. Pourquoi ne pas, par exemple, construire des centres de formation pour apprendre aux artistes musiciens (chanteurs) comment écrire ou composer une chanson ? Parce que, sous d’autres cieux, la musique s’apprend à l’école ou se transmet dans l’environnement dans lequel l’on vit.

AIM : A Kinshasa, Koffi Olomidé et le Collectif des Artistes et des Culturels (C.A.C) militent pour la suppression de la Commission nationale de censure des chansons et des spectacles (CNCCS).
Quel est votre point de vue à ce sujet ?

DS : A mon humble avis, je propose, à la place de la Commission de censure, qu’on crée, par contre, une « Commission de correction des textes des chansons ». Pourquoi pas, par exemple, comme c’est le cas des écrivains avant de sortir un livre ? Ailleurs, les écrivains soumettent leurs manuscrits à la correction avant la publication de leurs livres. Si cela pourrait s’appliquer également aux artistes chanteurs et musiciens congolais, ça sera une bonne chose. Cette méthode permettra d’éviter certaines paroles (insanités) qui touchent aux mœurs de la société. Qu’on ne se voile pas la face, il y a un vrai problème sur le plan thématique des chansons dans notre pays.

AIM : Avez-vous un conseil à donner à la génération montante qui pense qu’il faut nécessairement chanter des insanités pour avoir du succès dans la musique ?

Dina Star : Aussi, là-dessus, je ne me permettrais pas de donner des conseils à qui que ce soit. Les jeunes n’ont qu’à se rapprocher des anciens. Ainsi, ils apprendront beaucoup. Car, c’est de cette façon que se transmet le savoir. Surtout que la jeunesse musicale d’aujourd’hui abandonne ce langage,
du genre « ba vieux wana ba sila ». C’est une erreur grave et, surtout, de l’ingratitude à l’égard de ceux-là qui ont tracé le chemin…

Propos recueillis par Jordache DIALA
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