Pour l’an un de sa disparition, la Côte d’Ivoire a rendu un vibrant hommage à Papa Wemba

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Le 24 avril dernier,  Papa Wemba, chanteur  et roi de la rumba congolaise a totalisé un an depuis qu’il a quitté cette terre des hommes.

Il repose depuis et pour l’éternité au cimetière Nécropole entre terre et ciel dans la commune de la N’Sele.

C’est en Côte d’Ivoire que le chanteur le plus vénéré de la République démocratique du Congo a rendu l’âme le 24 avril 2016 alors qu’il était en plein spectacle comptant pour la clôture du festival de musique urbaine d’Anumabo (Femua),Anumabo, village natal du leader du groupe ivoirien Magic Système, Asalfo.

Son groupe Viva La Musica au grand complet avec 18 personnes dans la délégation s’était rendu à Abidjaninvité officiellement par le gouvernement ivoirien pour prendre part à ce grand événement qui a connu  la participation de plusieurs stars de la musique africaine à l’instar du malien Salif Keita et l’ivoirien Alpha Blondi.

Un concert a eu lieu  la nuit du samedi 23 avril au dimanche,date précise de la mort du vieux Bokul avant l’ouverture officiel du festival le 25 du même mois.

Ce même 25 avril, la place où s’était déroulé  ce festival àAnoumabo a été  baptisée place « Papa Wemba » pour le 10ième anniversaire de ce festival,  en mémoire de la star congolaise de la chanson.

A kinshasa, une messe a été dite le 24 avril  en la paroisse Saint Joseph au quartier populaire de Matonge, fief de Papa Wemba, peu avant le dépôt des gerbes de fleurs au cimetièreNécropole.

La Côte d’Ivoire a fait  sa part du travail, mais le plus grand questionnement c’est le fait que  l’Etat congolais qui avait promis tambour battant, par l’entremise de feu BanzaMukalayiSungu alors ministre de la culture et arts, qu’il érigerait un mausolée en mémoire de Papa Wemba, une décision qui avait été saluée par plus d’un Congolais, n’a pas du tout honoré sa parole.

En effet, le roi de la rumba congolaise s’est effondré sur le podium une demi-heure après sa montée sur les planches pendant qu’il interprétait la troisième  chanson de la soirée intitulée « est-ce que » avec son groupe Viva La Musica.

Après réanimation, le vieux Bokul avait succombé de son brusque malaise à l’hôpital.

Depuis New-York où il avait  appris la mort du chanteur, le président de la République, Joseph Kabila Kabange avaitdéploré la disparition d’un monument et ambassadeur de la musique africaine et congolaise.

En tant que fidèle catholique, l’Eglise avait  souhaité que la dépouille mortelle de l’illustre disparu puisse passer au lieu où il a reçu le sacrément de baptême avant d’être acheminé au cimetière.

Cette messe a été doublement significative car l’artiste musicien Jules ShunguWembadioPeneKikumba dit Papa Wemba, tout en étant fervent catholique baptisé, il était le seul musicien de la République démocratique du Congo à avoir eu le privilège d’être reçu chez le PapeBenoit XVI.

L’on se rappellera qu’en 2012, le chanteur congolais Papa Wemba allias Grand Mayas avait accompagné par ses chansons mélancoliques le synode des évêques d’Afrique au Benin.

L’Archevêque métropolitain de Kinshasa, le cardinal Laurent MosengwoPasignya avait  demandé à tous les chrétiens en particulier et au peuple congolais en général de pouvoir garder une pensée pieuse pour celui qui a vendu l’image de la culture congolaise à travers le monde et pour que nos valeurs sociales chèrement acquises soient conservées.

Un parcours digne

C’est en 1969 que papa Wemba sera connu du grand public avec le groupe Zaiko Langa Langa dont il fut co-fondateur avec Nyoka Longo et Pépé Felly Manuaku waku sous la supervision de DV Muanda, fondateur du groupe.

En 1975, il va créer le groupe Isifi après avoir quitté zaiko avec Evoloko Jocker, Mavuela Somo et Bozi Boziana.

Ce groupe ne va durer que l’espace d’une année avant que Papa Wemba crée en 1976 Yoka Lokole toujours avec Evoloko et Bozi.

Après un deuxième malentendu avec ses pairs, il va finalement créer son propre groupe Viva la Musica en 1977 avec comme premier chanteur Jado le Cambodgien.

C’est avec Viva la Musica que Papa Wemba va faire le tour du monde.

Au début des années 80, le Nkuruyaka devient une véritable icône de la musique zaïroise à l’époque, une véritable idole des jeunes qui vont se référer  à lui de par l’habillement, la démarche et la façon de parler.

Aujourd’hui, à Paris ou à Bruxelles, les jeunes congolais sont remarqués entre autres par leur façon de marcher made in Papa Wemba.

De la musique à la sape, il n y a qu’un pas ;  Papa Wemba va propulser la sape en RDC et dans toutes les communautés congolaises de l’Europe, d’Amérique et d’Asie.

Ce, grâce  notamment au concours de son ami StervosNiarkos, surnommé le pape de la sape, décédé en 1993.

Papa Wemba, c’est ce chanteur congolais qui a réussi à pénétrer dans la world music avec des tubes à succès comme  « le voyageur », « Maria Valencia », et plusieurs autres tubes contenus dans l’album « Emotion » qu’il réalisa en 1995 avec le célèbre  Peter Gabriel et LokwaKanza, un autre chanteur congolais de la world Music.

Cet album Emotion reste le seul album africain à se vendre à plus de 500.000 exemplaires aux États-Unis d’Amérique.

Cette star de la musique africaine a été un véritable ambassadeur de la RDC à travers le monde entier.

 Véritable formateur des idoles

Formateur des idoles, Papa Wemba en fut  un.

C’est en fait lui qui, pour la première fois a  donné un micro à Koffi Olomide, alors parolier de Papa Wemba pour chanter sur un podium lors des premières années deViva la Musica.

C’est toujours Papa Wemba qui va faire connaitre au grand public King KesterEmeneya, une autre vedette congolaise de la chanson.

Outre KoffiOlomide etKesterEmeneya, il y a eu  également ReddyAmisi, Stino Mubi, LidjoKwempa, Espérant Djenga K, Debaba El Shabab, DindoYogo, Célé le roi, Luciana de Mingongo, Fafa de Molokai, Bendo Son, PatyPatcheko, Christian Lema, Joly Mubiala, Bipoli na Fulu, Spraya Dora, Gloria le grand Bulukutu, AwiloLongomba, Demukuse, MarayMaray,  et plusieurs autres étoiles de la musique congolaise sont passées dans la maternité Viva La Musica pour être connues au grand public.

Rappelons aussi  que Papa wembaa encouragé beaucoup de musiciens  à l’instar de Felix Wazekwa S’Grave  qui a été motivé par Bokul à monter un groupe et chanter pour son propre compte, lui qui était jusque-là parolier.

Chapeau bas donc à ce soldat qui est tombé sur le champ de bataille, arme à la main alors qu’il était en pleine démonstration de son art.

Bravo l’artiste !

Pathou Kinzala Nkuka

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