Kinshasa : Richie Lontulungu fustige la démolition des étalages, terrasses et gargotes le long des artères

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Acteur de la société civile, Richie Lontulungu n’est pas resté indifférent à la suite de la démolition des étalages, terrasses et gargotes le long des artères de la ville-province de Kinshasa telle qu’initiée par le gouverneur Gentiny Ngobila à travers son projet ‘’KIN BOPETO’’. 

Pour Richie, ces personnes ne doivent pas être chassées aussi longtemps que l’Etat ne met pas à leur disposition une solution alternative. Ces petits commerces, qu’ils exercent, soutiennent des familles entières. Dès lors, a-t-il ajouté, « l’Etat doit plutôt construire des marchés capables de les contenir tous ».

‘’Ce que j’ai constaté, l’Etat congolais n’a pas des moyens pour ce faire et, face à l’incapacité de répondre à un devoir, il joue la partition du casseur pour voiler sa face. Si tel en est le cas, pourquoi ne pas libéraliser ce secteur du marché? Permettre aux privés de construire des marchés modernes et d’en percevoir des droits dessus en termes de frais sur chaque opérateur? Il pourra s’agir du même montant que l’Etat perçoit auprès des opérateurs dans ses quelques marchés dont il est propriétaire. Une décision dans le sens de casser des tables des vendeurs est non seulement illégale, mais encore, elle est fragile parce qu’ils y reviendront’’, martèle-il.

Dans sa casquette d’un homme près de la société, Richie Lontulungu estime que « la voie de sortie sera d’initier une pétition communément signée par des responsables des organisations de la société civile et adressée au Gouverneur de la ville de Kinshasa ».
Il a, néanmoins, démontré qu’à travers de telles pratiques, l’Etat n’est pas créateur d’emplois. Il n’en a plus les moyens. D’où, Il suggère une mise en place, au niveau de l’Etat des projets générateurs d’emplois viables qui prendront plus ou moins trois ans si et seulement si, l’on y met du sérieux.
Mais, en attendant, c’est l’informel qui garantit la survie des Congolais.
Au-delà du manque d’une bonne politique d’emplois, Richie Lontulungu constate une mauvaise pratique lorsque la RDC veut recevoir ses hôtes.

‘’Pourquoi, c’est dans mon pays où, lorsqu’on apprend la visite des personnalités étrangères telle que la Présidente de l’Ethiopie l’on se met à chasser des vendeurs ambulants, à casser les tables des mamans qui bordent les routes avec violence et vols. Et tout ça, voyez-vous, dans le but de masquer cette facette peu agréable du pays ? Et, après le départ des délégations, l’Etat ne fournit aucun effort pour abriter ces gens qui finissent par rentrer sur la route. Et bien, l’Etat Congolais, comme toujours, peut bien se vanter d’être parvenu à peindre ses mesures et que ses hôtes soient répartis avec l’image de Kinshasa-la-belle. Mais, ce sont des familles entières qui en paient le prix, chaque fois’’, s’exclame-t-il. Implicitement, c’est dire que l’Etat congolais est prédateur de ses propres filles et fils.

Cependant, il souligne, sans ambages, qu’il faut résoudre les problèmes durablement et non les esquiver ou les feindre.

Jules Ntambwe

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