Lors son voyage aux États-Unis, le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a pris langue avec la directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde. Bien que membre du FMI, la RDC a coupé tout contact avec cette institution de Breton Woods depuis 2015.
Economiste et homme de sciences, le Professeur Évariste Mabi Mulumba relève quelques programmes exécutés en RDC par le FMI, dans un entretien à Afrique Infos.

D’entrée de jeu, le Professeur Mabi Mulumba a fait remarquer que les retombées des deux Programmes économiques du Gouvernement, le PEG1 et le PEG2, étaient très significatifs. L’hyperinflation a été endiguée. Quoique volatile à certains points de la période, le taux d’inflation a pris une pente décroissante. La stabilité relative du taux de change a été maintenu depuis la décision de laisser flotter le franc congolais.

Le Fonds monétaire international (FMI), qui regroupe 189 pays, s’est assigné la mission principale de promouvoir la coopération monétaire internationale.
Garantir la stabilité financière, faciliter les échanges internationaux, contribuer à un niveau élevé d’emplois et à la stabilité économique et faire reculer la pauvreté sont les tâches assignées au Fonds monétaire international.

Comment se sont arrêtés les programmes économiques du gouvernement?

La RDC a connu deux Programmes économiques du Gouvernement avec le FMI : le PEG 1 en 2002 et le PEG 2 en 2009.
Le PEG2 a été arrêté en 2013 car la RDC n’avait pas les critères de réalisation, notamment la condition de publier tous les contrats signés dans le domaine des ressources naturelles.
Le FMI partait de l’idée que la RDC recourait à ses fonds mais :
-Que faisait-elle de son patrimoine?
-A quoi servaient les bénéfices de vente de ses différents gisements miniers? Raison pour laquelle le FMI a demandé que le gouvernement congolais prenne l’engagement de publier sur le site internet du ministère des Mines les contrats signés, les entreprises qui achètent les gisements et leurs actionnaires, les montants d’achat des gisements et, surtout, à quoi aurait servi l’argent. Le ministère des Mines, incapable de fournir ces renseignements, ainsi le programme du FMI a été arrêté.

Le taux de remboursement appliqué par le FMI

En ce qui concerne le taux d’intérêt qu’applique le FMI pour chaque emprunt, le Professeur Mabi Mulumba a indiqué qu’Il y a plusieurs sortes de financement qu’on peut obtenir du FMI. Pour un pays comme la RDC, le FMI est le plus indiqué.
Depuis 2009, lle taux d’intérêt à ce crédit est de zéro. Il y a aussi d’autres financements concessionnels à des taux d’intérêt bas.
Le Professeur a fait remarquer qu’hormis le FMI, la Banque mondiale a une panoplie de crédits plus élargie. Elle donne des crédits remboursables à 50 ans avec une période de grâce de 10 ans. Son taux d’intérêt est inférieur à 1% pour les pays pauvres et de 7% pour les pays plus stables.

Le plus difficile pour accéder à ces financements est la condition de respecter un certain nombre d’engagements.
Le financement est échelonné par tranches. Tous les 3 mois ou 6 mois, les agents du Fonds monétaire international viennent vérifier le respect du calendrier établi. “Lorsque le calendrier n’est pas respecté, le programme est suspendu sans autre forme de procès”, a conclu Évariste Mabi Mulumba.

Propos recueillis par Franco Mayiza
Partagez.

Laisser un commentaire