RDC : les journalistes s’engagent à parler de l’avortement sécurisé

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L’ absence des vraies informations sur la santé sexuelle et reproductive demeure un obstacle majeur à l’accès à des soins appropriés. C’est pourquoi, Ipas, en partenariat avec la Coalition de lutte contre les grossesses non-désirées (CGND) a, organisé, du 18 au 19 septembre 2018, à Selton Hôtel, à la Gombe, un atelier de renforcement des capacités, à l’intention de plus de 30 journalistes. Thème : la vulgarisation du Protocole de Maputo, le respect et l’application de l’article 14 de cet accord en République démocratique du Congo. « Les États prennent toutes les mesures appropriées pour protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus », stipule l’ article 14 du Protocole de Maputo qui, désormais, exerce une certaine ascendance sur le Code pénal congolais qui interdit l’avortement. Question : faudra-t-il laisser les gens se tuer volontairement ? Loin de là. Cette loi, par contre, permettra d’éviter des avortements non sécurisés (recours aux méthodes traditionnelles et aux charlatans) qui sont à la base de plusieurs cas de décès et complications chez les femmes et jeunes filles.
Cette formation s’inscrit dans le cadre du renforcement des capacités d’analyse et d’expression des professionnels des médias sur les droits de la femme et les problématiques de santé publique soulevées par l’avortement à risque. Une occasion de mettre à la disposition des journalistes des notions indispensables pour informer/communiquer clairement et sans stigmatisation sur cette question de santé sexuelle et reproduction. Surtout quand il faut parler de l’interruption volontaire de la grossesse à la télévision, radio, Internet et journal papier. Cela, afin de mettre un terme à des pratiques néfastes quand il faut procéder à l’interruption volontaire de la grossesse.

Rendre intéressant ce qui est important

Sauver des vies à travers la parole, l’image ou l’écrit sur les sujets qui ne stigmatisent pas et qui se heurtent à la coutume, à la religion ou à certaines convictions. Tel est l’appel d’IPAS et CGND aux journalistes RD. Congolais formés sur la santé sexuelle et reproduction plus particulièrement à l’avortement sécurisé. Et, l’éradication des stigmatisations à l’égard des bénéficiaires des soins complets et sécurisés d’avortements. Car, les taux de mortalité maternelle en République démocratique du Congo sont parmi les plus importants au monde au regard des résultats de l’EDS 2013-2014. Ainsi, selon cette étude, la mortalité maternelle est estimée à 846 pour 100000 naissances vivantes. C’est dire que 30.000 femmes meurent par an soit 83 par jour et 3 par heure. Une statistique alarmante causée par l’avortement qui occupe la troisième place quant à ce. La prévalence contraceptive reste faible seulement 8% des femmes utilisent une méthode de contraception moderne et 59% de grossesses sont non-désirées. En effet, les besoins non satisfaits en contraceptifs modernes sont croissants, 16% pour toutes les femmes et 24% pour les femmes mariées. 10% de grossesses non-désirées se terminent par un avortement à risque. Les personnes les plus concernées par ce fléau, sont plus les adolescentes et jeunes filles. Selon l’EDS 2013-2014 de la RDC, 27, 2% adolescents ont déjà commencé leur vie pro créative sans avoir des connaissances solides en matière de santé sexuelle et reproductive.Il sied de souligner que les us et coutumes rétrogrades et les lois restrictives ont significativement contribué à perpétuer l’avortement clandestin.

Face à ce tableau très sombre, Ipas, une ONG internationale, promeut le droit à des avortements complets et plaide en faveur de lois qui garantissent aux femmes et filles l’exercice complet de leurs droits sexuels et reproductifs. Il sensibilise les décideurs et soutient les groupes qui défendent les lois, les politiques et les pratiques qui permettent à chaque femme l’exercice complet de leurs droits sexuels et reproductifs.

7 règles d’or de l’élaboration de message sur l’avortement

Les journalistes ont été appelés, dans le traitement des informations sur l’avortement, à être honnête et précis ; à s’abstenir de porter un jugement ; à se concentrer sur les individus, à reconnaître la diversité ; à éviter d’utiliser un langage ou des images susceptibles de stigmatiser, à impliquer le public ciblé autant que possible dans l’élaboration du spot et toujours fournir des références et des ressources.
Jules Ntambwe

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